Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles de Suzanne Hayes & Loretta Nyhan

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles
Titre : Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles
Auteur : Suzanne Hayes & Loretta Nyhan
Éditeur : Belfond
Date de parution : 05 juin 2014

Résumé

Entre Iowa et Massachusetts de 1943 à 1946 Depuis que son mari a été appelé à rejoindre les forces alliées pour combattre en Europe, Glory Whitehall s’ennuie. Laissée seule avec son fils de 3 ans, enceinte jusqu’aux yeux, la jeune femme cherche une occupation pour tromper la solitude. Un beau matin, Rita Vincenzo reçoit la lettre d’une inconnue du Massachussetts… Entre Glory, jeunette impulsive, et Rita, femme de poigne au grand cœur, se tisse une amitié au fil de la plume. Une correspondance entre deux femmes séparées par des centaines de kilomètres, accidentellement rapprochées par l’absence de leurs époux, partis sur le front. Étayée d’instants complices, de joies, de peines, de drames, cette correspondance offre à chacune des deux femmes un moment de réconfort unique dans un monde bouleversé par les échos de la guerre qui menacent de saper leur courage. Comment vivre dans un monde sans hommes ? Comment égayer le quotidien lorsque tout est rationné ? À qui confier le mal-être, la souffrance de celles qui attendent, impuissantes et fébriles des nouvelles des époux, des fils qu’elles ont vus partir de l’autre côté de l’océan ? Trois ans de correspondance, autant de partage de recettes, de conseils de jardinage, de confidences inavouées… pour l’une des plus belles histoires d’amitié jamais écrites.

Avis de Melwasul

note 4.5Jusqu’au Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer, je n’étais vraiment pas du tout portée sur les romans épistolaires. Puis un jour, je suis tombée dans ma librairie préférée sur ce roman dont le titre m’a fait sourire et la couverture tapée dans l’œil, et j’ai craqué, sans même lire vraiment la quatrième de couverture. Stupeur et tremblement une fois à la maison quand j’ai découvert quel était le style du roman. Et pourtant, je me suis lancée, sans pouvoir m’arrêter. Et depuis, je surveille les sorties à la recherche d’un roman dans la même veine. Et je l’ai trouvé aujourd’hui avec Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles.

Janvier 1943, Massachusetts, Gloria Whitehall aurait bien besoin d’un coup de baguette magique : elle est enceinte, a un fils de deux ans et son mari Robert est dans un centre d’entraînement de l’armée, prêt à partir au combat. Elle se sent seule, terriblement seule. Elle décide donc d’écrire à une parfaite inconnue : la «Sorcière aux mains vertes» dont elle a eu l’adresse par le Club des Femmes de sa ville.

Février 1943, Iowa, Marguerite Vincenzo reçoit une lettre d’une certaine Glory. Immédiatement, Rita se sent proche d’elle et décide de lui répondre : son mari Sal et son fils Toby sont également au combat et elle trouve en cette inconnue dans la même situation qu’elle un certain réconfort.

Deux femmes dont les hommes de leur vie sont prêts à rejoindre le front et à se battre pour la liberté. Deux femmes qui ne vont plus jamais cesser de s’écrire sans jamais s’être rencontrées. Deux femmes qui vont se raconter leurs vies, leurs hontes, leurs malheurs, leurs erreurs mais aussi leurs moments de joie, de bonheurs, leurs petits plaisirs de la vie quotidienne qu’elles tentent de cueillir malgré tout ici et là. Deux femmes qui vont devenir amies, deux femmes qui vont devenir sœurs, deux femmes qui vont devenir mère-fille. Deux femmes qui vont se soutenir, s’entraider grâce à de simples mots, des conseils de jardinages et des recettes de cuisines (j’en ai compté 16 dans le roman). Des recettes en temps de guerre, avec les moyens du bord, pour s’offrir quelques secondes de bonheur.

Que dire à part que j’ai adoré ce roman ? J’ai ri, j’ai souri de ces sourires un peu niais que l’on a souvent devant nos plus chers bouquins, j’ai eu le cœur serré, la boule au ventre, j’ai pleuré aussi. Un peu, pas trop, juste de grosses larmes de crocodile au coin des yeux. Car je n’avais pas le temps de pleurer, je devais lire la suite mais surtout, inconsciemment, je me devais d’être forte comme Glory, Rita, ou encore Roylene. Ces femmes sont devenues mes amies. Au fil des lettres, j’ai appris à les connaître comme elles, elles se découvraient. J’ai eu envie de les voir guetter le facteur, de les voir sourire, de les voir écrire. J’ai eu envie de les prendre dans mes bras pour les réconforter, d’avoir les mots pour les aider, mais aussi par moment de les secouer pour leur ouvrir les yeux. Je leur en ai voulu aussi comme on en veut à une amie dont on voit qu’elle fait une grosse bêtise et qu’on ne peut rien faire. Parce que ces femmes ne sont pas parfaites. Au contraire, elles apprennent aussi de leurs erreurs, et elles en commettent plus d’une. Des petites qui font sourire, des grosses qui nous font les détester le temps de quelques secondes. Mais on les comprend. Ce sont des femmes seules, qui ont perdues tous leurs repères, qui doivent se débrouiller, réapprendre à vivre, seule. Elles doivent être fortes, faire face, pour leurs hommes, elles n’ont pas le choix. Mais ce sont aussi des êtres humains et il peut leur arriver de craquer, et là on espère juste qu’elles vont se réveiller et que cela va s’arranger.

Ce livre a une histoire particulière. Un coup de cœur par blog interposé entre deux auteures qui ont décidé d’écrire un roman à quatre mains sans jamais se rencontrer. Une histoire particulière qui nous offre un roman magnifique. On ne devine pas un instant que le roman a pu être écrit par deux personnes différentes. On sent la complicité qui a du s’instaurer entre elles pour pouvoir réaliser un tel travail, une complicité non sans rappeler celle de Glory et Rita. Une belle histoire d’amitié dans les deux cas. Certains passages sont vraiment magnifiques. Je pense notamment aux dernières pages du roman qui m’ont fait sourire et pleurer à la fois. Une plume magnifique, plein de poésie, que l’on savoure la boule au ventre. Un échange de courrier que l’on refuse de quitter. Que l’on aimerait lire encore et encore même si on sait nos héroïnes entre de bonnes mains, on voudrait rester un peu plus longtemps avec nos nouvelles amies.

Je ne peux que vous conseiller ce roman pour cet été. Il est touchant, plein de tendresse, de délicatesse. Il vous fera rire, sourire, pleurer. Il vous emportera dans cette amitié magnifique entre deux inconnues que presque tout oppose.

Manuscrit’ment Vôtre,

Melwasul

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9 réflexions au sujet de « Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles de Suzanne Hayes & Loretta Nyhan »

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