Moloka’i de Alan Brennert

Molokai---
Titre :Moloka’i
Auteur :Alan Brennert
Éditeur :Charleston
Date de parution : 03 juin 2014

Résumé

Hawai, 1892. Rachel Kalama, petite Hawaïenne de sept ans à l’esprit vif et malicieux, rêve de visiter des contrées lointaines à l’image de son père, qui officie dans la marine marchande. Jusqu’au jour où une tache rosâtre apparaît sur sa peau, et où ses rêves d’ailleurs s’envolent aussi sec. Arrachée à son foyer et à sa famille, Rachel est envoyée à Kalaupapa, campement de quarantaine installé sur l’île de Moloka’i. C’est là que sa vie doit se terminer – mais elle s’aperçoit qu’en réalité, elle ne fait que commencer.

Débordant de chaleur, d’humour, de compassion, et fort d’une galerie de personnages campés à merveille, ce chef-d’œuvre de narration nous parle d’un peuple qui, face à la terrible réalité de la mort, a choisi la vie.

Avis de Melwasul

note 4Je dois vous l’avouer, de prime abord, ce roman je ne l’aurais jamais ouvert. Pourtant, lors du goûter avec les éditions Charleston, l’éditrice Karine Bailly de Robien nous l’a vivement conseillé, parlant d’un des plus beaux livres qu’elle ait lu. Je n’ai donc pas hésité et il s’est ajouté à ma PAL où il traînait depuis deux mois. Il faut dire que c’est un bon pavé et je n’avais pas encore trouvé le temps et le courage de me lancer. Finalement, j’ai tellement été prise par ma lecture que je l’ai pratiquement lu d’une traite, beaucoup plus rapidement que je ne le pensais et effectivement je l’ai adoré !
Ce livre, c’est l’histoire de la vie d’une enfant, d’une adolescente, d’une femme, d’une mère, d’une grand-mère extraordinaire. Une femme qui m’a subjuguée par son courage, sa joie de vivre dans le malheur, son espoir, sa force de caractère, son humour, son espièglerie. Par sa personne, tout simplement.

La petite Rachel, habitante d’Honolulu en 1892, a tout juste sept ans lorsqu’apparaît sur sa jambe une étrange tache, présage de malheur. Le verdict tombe comme un couperet, elle est victime de la lèpre et est envoyée dans un établissement de lépreux où elle retrouvera son oncle et où elle a régulièrement la visite de ses parents. Mais moins d’un an plus tard, elle est exilée sur l’île de Moloka’i, la léproserie d’Hawaii. Elle y retrouve une fois encore son oncle mais il en est fini des visites de ses parents. Elle perdra d’ailleurs tout contact avec sa mère et ses frères et sœur au fil de mois, seul son père sera là pour elle malgré l’isolement. Son père mais surtout ses compagnons d’infortunes. Ses petites camarades, les Sœurs qui s’occuperont d’elle, son oncle, et beaucoup d’autres personnes qui croiseront sa route au fil des pages, tout au long de sa vie.

Rachel est une enfant merveilleuse dont on devine déjà la force de caractère. Elle est drôle, espiègle, un (tout petit) peu turbulente, elle vous fera sourire et même rire mais vous admirerez surtout son courage à toute épreuve, sa fierté. Rachel est devenue plus adulte que beaucoup d’adultes quand elle n’était qu’une enfant. On la voit grandir, murir, changer alors que la vie s’acharne sur elle. Mais toujours, même une fois adulte, toujours, malgré les coups, elle relèvera la tête, encore plus forte. Et pourtant, la vie lui a donné de nombreuses raisons d’être brisée, je ne sais pas si moi je ne me serais pas effondrée à sa place, quand je repense à certains passages, à certains moments de sa vie, je suis révoltée, pleine de colère mais surtout le cœur complètement en miettes. J’avais un peu peur, en découvrant que ce livre conterait toute sa vie, d’avoir un peu de mal, de m’ennuyer mais finalement j’ai aimé la suivre jusqu’à la dernière ligne, il y aurait même eu 500 pages de plus que cela ne m’aurait pas posé dérangé.

Mais elle n’est pas la seule à avoir su me toucher. Le premier qui me vient à l’esprit, c’est Kenji. D’ailleurs je crois que je ne suis toujours pas remise. Alors qu’au premier abord mon regard ne se serait pas tourné vers lui, je m’y suis énormément attachée en peu de temps, tout comme Rachel. Il m’est devenu nécessaire, essentiel à l’histoire qui sans lui n’aurait plus été la même. Mais il n’y a pas que lui. Comment ne pas citer par exemple Sœur Catherine, une personne exceptionnelle, qui a fait don de sa vie à Dieu mais surtout et avant tout aux lépreux. Une amie, une tante, une mère pour toutes les petites filles (et les grandes) de Kaulaupapa et surtout pour Rachel. D’ailleurs, il va se créer entre elles un lien très particulier, très fort et Rachel sera également pour soutenir Sœur Catherine qui a elle aussi certains démons. Je pourrais également citer toutes les amies de Rachel, celles qui seront là plus ou moins longtemps, celles qui resteront, celles qui auront une histoire des plus particulières. Certaines m’auront touchée plus que d’autres mais toutes mériteraient d’être mentionnées tout comme les autres personnages de notre roman, mais je risquerais d’y passer une heure.

Après La Femme des Dunes de Chris Bohjalian les éditons Charleston m’ont encore offert un livre qui m’a complètement bouleversée, qui m’a pris aux tripes. J’ai une fois de plus eu les larmes aux yeux, j’ai également souri, et même ri par moment. Ce qui est magnifique, arriver à nous faire rire devant une histoire si dramatique. Comme cela est dit à un moment dans le livre, dans un lieu qui les pousserait à choisir la mort, les habitants de Moloka’i ont avant tout choisi de vivre et de croquer la vie à pleines dents. Et ils nous ont fait vivre avec eux leurs moments de joies de malheurs, de désespoirs, de bonheurs, d’amour. Enormément d’amour et de vie.

Comme le précise l’auteur en fin de roman, ceci est une œuvre de fiction mais après un long travail de recherche et avec des personnages grandement inspirés de la réalité de l’époque ce qui nous rend les choses encore plus fortes, encore plus difficiles à digérer. Cela m’a touché au point que juste après ma lecture, je me suis retrouvée à faire des recherches sur Moloka’i, sur Kaulaupapa ou encore sur le Père Damien.

Je pourrais continuer encore et encore à vous parler de ce libre, j’ai tout plein de passages en tête qui valent le détour mais je vais être raisonnable et je vais m’arrêter là. Je dirais donc merci aux éditions Charleston de nous offrir de tels romans mais surtout merci à Karine de me l’avoir vivement conseillé, sinon je ne l’aurais pas ouvert (maintenant, il ne me reste plus qu’à m’attaquer à Rebecca 🙂 ).

Injustement Vôtre,

Melwasul

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4 réflexions au sujet de « Moloka’i de Alan Brennert »

    1. Melwasul

      oui que ce soit les livres-objets ou leur contenu (le plus important quand même) tout est vraiment réussi ! En tout cas, je ne peux que te conseiller Moloka’i !

      Répondre
    1. Melwasul Auteur de l’article

      Oui ce livre est un petit bijou( et pssss il se peut qu’un concours soit organisé pour l’annif du blog, mais chut, c’est secret ! 🙂 )

      Répondre

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