Les gratitudes de Delphine de Vigan


Titre : Les gratitudes
Auteur : Delphine de Vigan
Éditeur : JC Lattès
Date de parution : 06 mars 2020

Résumé

« Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui. Les confidences.
Et la peur de mourir.
Cela fait partie de mon métier.
Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas. »

Michka est en train de perdre peu à peu l’usage de la parole. Autour d’elles, deux personnes se retrouvent : Marie, une jeune femme dont elle est très proche, et Jérôme, l’orthophoniste chargé de la suivre.

Avis de Stéphanie

note 5

Ce qui est difficile dans la vieillesse c’est que les jeunes oublient que les vieux l’ont été et semblent ignorer qu’ils le deviendront alors que vieillir et le seul moyen que nous avons pour rester en vie.
C’est aussi ces instants de lucidité qui permettent d’observer l’état dans lequel on est et d’assister, impuissant, au déclin du corps et parfois de l’esprit.

J’ai été émue de lire ce texte aujourd’hui. Émue et coupable. Coupable de ne l’avoir pas compris plus tôt, parce que la perte irréversible est empirique.

Michka est une vieille dame dans laquelle habite toujours – et encore cachée – cette petite fille juive qui s’est vue confiée par sa mère à des inconnus pour sa survie. Adulte, elle s’est à son tour occupée de Marie, une autre petite fille abandonnée dans des circonstances différentes. La bienveillance de Jérôme – l’orthophoniste de la maison de retraite – son désir de veiller jusqu’au bout sur la dignité de sa patiente et sa tendresse, disons-le, pour cette dame, le poussent à tenter de retrouver les personnes qui l’ont recueillie enfant et qu’elle cherche désespérément depuis des années.

Michka, cette vieille dame dont la visite de la Mort est imminente, s’inquiète encore pour sa protégée et pour celui qui devient très vite son ami.
Et là, je revois ma grand-mère, son altruisme, sa bonté et son amour inconditionnel qui nous a accompagné jusqu’à sa fin.

Un billet très personnel que je regretterai probablement d’avoir rédigé mais qui s’impose à moi ce soir, après la lecture de ce roman.

Si je n’avais pas été absolument convaincue par Les loyautés, je le suis par Les gratitudes.

Alors, merci!

Stéphanie

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