Les brumes du Caire de Rosie Thomas

Les brumes du Caire
Titre :Les brumes du Caire
Auteur :Rosie Thomas
Éditeur :Charleston
Date de parution : 10 octobre 2014

Résumé

Ruby, une adolescente en pleine rébellion, vient chercher refuge au Caire dans la vieille maison d’Iris Black, sa grand-mère de 82 ans qu’elle connaît à peine. Alors que tout les oppose, un lien étonnant s’établit lentement entre elles tandis que Ruby aide Iris à se remémorer ses souvenirs du Caire scintillant et cosmopolite de la Seconde Guerre mondiale. Elles retracent ainsi peu à peu l’histoire du grand amour d’Iris – l’énigmatique capitaine Alexander Molyneux – que les ravages du conflit lui ont arraché.

Déterminant dans la vie d’Iris, dans celle de sa fille et de sa petite-fille, cet amour perdu les affectera à nouveau, toutes les trois, d’une façon qu’elles n’auraient jamais imaginée.

Trois femmes, trois générations,
une histoire d’amour et de perte, tout en nuances

Avis de Melwasul

note 4Encore un magnifique roman publié par les éditions Charleston. Cela n’est plus une surprise mais cette maison d’édition nous propose vraiment des romans d’une qualité exceptionnelle. D’abord par le livre-objet lui-même qui est sublime mais aussi par le contenu : des romans poignants, touchants, surprenants et qui sortent de l’ordinaire. Et bien entendu, Les brumes du Caire n’a pas échappé à la règle. Et je sens que je vais encore avoir de grosses difficultés pour écrire ma chronique et rendre justice à ce petit bijou.

Comment parler de ces différentes histoires d’amour qui font ce roman ? L’amour entre une femme et l’homme de sa vie, l’amour entre une mère et une fille, l’amour entre une grand-mère et sa petite-fille, l’amour entre deux jeunes personnes originaires de deux mondes si différents, l’amour qui règne entre vieilles connaissances,… Oui dans ce roman, il est beaucoup question d’Amour. L’Amour avec un grand A, l’amour sous toutes ses formes. L’Amour qui reste malgré le temps, la vieillesse, la maladie, l’oubli, et la distance.

Les brumes du Caire c’est aussi un livre qui nous dépayse, qui nous fait voyager. Après avoir découvert Alep grâce à La femme des dunes de Chris Bohjalian, j’ai ici plongé au cœur du Caire. Le Caire des années 40 et le Caire de nos jours, ou plutôt malheureusement, le Caire de 2011. Et je dois dire que j’ai adoré cette visite. L’auteure prend le temps de nous renseigner sur cette ville et ce magnifique pays qu’est l’Egypte que je ne connais pratiquement qu’à travers mes cours d’histoire-géographie qui remontent au collège … Elle nous présente son histoire, ses modes de vies à deux époques très différentes, sa culture, son peuple. De visites en musées et monuments historiques, en voyage dans le désert et à travers les petites rues du Caire, nous en prenons véritablement plein les yeux. Rosie Thomas a complètement réussi à m’immerger dans ce pays dont je ne connaissais pratiquement rien. J’y étais pour mon plus grand bonheur grâce à ses descriptions, aux discussions entre nos protagonistes, aux explications qui nous sont adroitement glissées.

J’ai autant aimé le Caire de le Seconde Guerre Mondiale, tour à tour joyeux, entraînant, festif et extrêmement angoissant que le Caire d’aujourd’hui, moderne tout en étant très différent du monde Occidental. J’ai aimé découvrir toutes ces différences à travers les récits d’Iris et les yeux de Ruby. Les flash-backs d’Iris toujours extrêmement bien placés, mêlant parfois situation actuelle et souvenirs et qui reflètent parfaitement la mémoire aléatoire d’Iris. Et Ruby, qui est le véritable cœur du roman, qui fait le lien entre deux générations mais aussi entre deux mondes, entre deux continents.

Ruby que l’on voit vraiment évoluer au cours du roman, que l’on voit grandir, se transformer d’adolescente rebelle en jeune femme forte et courageuse. J’ai vraiment, vraiment adoré son personnage. Il m’est plus difficile de parler d’Iris. Parce qu’il y a plusieurs Iris. Celle des années 40, folle amoureuse du fascinant capitaine Alexander Molineux, dit Xan, celle des années 2000, qui perd petit à petit la mémoire et qui connaissait à peine sa petite fille, puis il y a celle d’entre les deux que l’on découvre grâce à de brèves discussions, grâce à des remarques de sa part mais surtout de sa fille, la maman de Ruby. Une seule femme mais trois personnalités très différentes, ou pas… Je suis incapable de dire ce que je pense d’elle, je l’ai aimé, détesté, compris, j’ai eu de la peine pour elle, mais je lui en ai aussi voulu. Et c’est ce que j’aime dans ce roman, même au niveau des personnages et surtout d’Iris, tout n’est pas noir ou blanc. Et puis, il y a les personnages secondaires, le charmant Xan qui vous brisera le cœur, le délicieux et adorable Ash qui vous fera sourire et couiner, Lesley, la fille et d’Iris et maman de Ruby, Lesley la maman poule que l’on comprend de mieux en mieux au fil des pages, et puis il y a aussi Tata et Mamdooh, le papa de Ruby, son beau-père, son frère, mais aussi Jas, Jessie James et tant d’autres…

Par contre, je vais finir par demander aux éditions Charleston de fournir les mouchoirs avec leurs romans. Parce qu’une fois de plus, ça n’a pas raté, j’ai eu les larmes aux yeux à de nombreuses reprises au cours de ma lecture. C’est encore un roman qui nous prend vraiment aux tripes, qui nous serre le cœur, nous laisse un poids sur la poitrine tout en nous faisant sourire, les yeux écarquillés devant toutes les beautés qu’il nous offre, avides d’en savoir plus, nous poussant à tourner les pages le plus vite possible alors que l’on aimerait rester au Caire bien plus longtemps.

J’ai donc encore passé un excellent moment, ce roman est véritablement parfait. Mais il y a un mais, il n’arrive pas au niveau de mon coup de cœur de cet été, Moloka’i d’Alan Brennert (mais je pense que celui-ci va rester très très longtemps inatteignable …).

Pharaoniquement Vôtre,
Melwasul

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2 réflexions au sujet de « Les brumes du Caire de Rosie Thomas »

    1. Melwasul Auteur de l’article

      C’est clair, j’adore aussi cette maison, que des livres de qualités qui sortent de l’ordinaire et nous emportent, c’est toujours un régal !

      Répondre

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