Les Affamés et les Rassasiés de Timur Vermes


Titre : Les Affamés et les Rassasiés
Auteur : Timur Vermes
Éditeur : Belfond
Date de parution : 17 octobre 2019

Résumé

Après l’immense succès international d’ Il est de retour, Timur Vermes revient avec une nouvelle satire aux accents houellebecquiens, un roman d’anticipation aussi drôle que mordant, dans une Europe en pleine crise migratoire où les médias et les réseaux sociaux font office de philosophie de vie.

2020 et des poussières. L’Europe a fermé ses frontières et, comme des centaines de milliers de ses compatriotes, Lionel est coincé dans un immense camp de réfugiés aux confins de l’Afrique, sans le moindre avenir.

Résolu à se rendre en Allemagne coûte que coûte, Lionel élabore alors un projet fou : marcher 10 000 kilomètres jusqu’en Europe, en compagnie de ses 150 000 compagnons d’infortune. Le tout sous les caméras d’une émission de téléréalité allemande et suivi de près par une foule de journalistes, d’hommes d’affaires et de mafieux en tout genre, bien décidés à capitaliser sur ce long cortège de misère humaine.

En Allemagne, c’est la panique. Une horde d’envahisseurs venus d’ailleurs s’apprête à franchir les portes de l’Europe ? Jamais ! Les politiciens s’affairent, les journalistes polémiquent et la population s’émeut.

Et tandis que tous tergiversent, les marcheurs arrivent enfin…

Avis de Stéphanie

note 5

Un roman qui te retourne les tripes, page après page. La violence inouïe de l’intrigue contraste avec le ton employé – souvent désinvolte – qui rappelle ces musiques douces et lancinantes diffusées dans les ascenseurs des hôtels de luxe.

Des réfugiés entreprennent de se rendre massivement en Allemagne et se lancent dans une marche de plusieurs mois les menant jusqu’en Europe.
Un dispositif absolument inédit est mis en place. Ils sont filmés et participent ainsi à une émission de télé réalité qui s’intitule « Ange de la misère ». L’animatrice allemande vedette se rend en Afrique où elle s’éprend d’un réfugié que tous s’accordent à nommer Lionel et d’une cause.

J’ai trouvé écœurant le décalage entre la crudité de l’horreur de la misère des affamés et les ambitions des politiciens, des journalistes, des différents membres de l’équipe de tournage, des rassasiés…
Timur Vermes nous plonge dans les zones les plus obscures de l’âme humaine pour laquelle une vie n’en vaut pas une autre. La nécessité qui pousse les réfugiés à risquer leurs vies est éclipsée, dans ce roman, au profit des intérêts pécuniers, de l’audience, du chiffre, du temps d’antenne, de la célébrité, de la renommée, de l’ascension sociale, etc.

Aucun personnage ne représente le gentil par excellence : Lionel profite largement de la situation, l’animatrice vedette Nadège Hackenbush manie les caméras comme un soldat les armes mais n’est pas pour autant d’une intelligence éblouissante, le secrétaire d’État dont on voit la vie privée et qui nous paraît sympathique s’avère sans pitié ou sans discernement. Bref, rien ne semble définitivement ancré. Les personnages sont déstabilisants et répondent à un code des valeurs qui leur est propre.
À la fin du roman, le rythme accélère et devient effréné laissant, çà et là, nos espoirs et emiéttant le concept d’humanité.

Je vous recommande cette lecture si vous aimez les romans qui vous bousculent voire qui vous font tomber du lit ou de la chaise en éveillant votre conscience.
Un deuxième roman admirable qui s’érige aisément au rang de chef-d’œuvre. J’ai hâte de lire le premier roman de l’auteur : « Il est de retour« .

Stéphanie

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