Saga L’enjomineur 1792 de Pierre Bordage

Titre : L’enjomineur 1792
Auteur : Robert Galbraith
Éditeur : J’ai lu
Date de parution : 10 septembre 2020

Résumé

Vendée, 1792. Entre les aristocrates réfractaires à la marche de la Révolution et le peuple révolté par la Constitution civile du clergé, les tensions s’exacerbent. C’est dans ce climat électrique qu’Emile, que l’on dit né d’une fée et élevé par un prêtre progressiste, s’est fait embaucher comme saisonnier. A Nantes, Cornuaud tente de renouer avec les milieux du crime organisé, dont la fréquentation l’avait envoyé deux ans plus tôt par-delà les mers. Les temps ont bien changé, et les malfrats d’hier sont devenus les fervents serviteurs d’une Révolution qui a besoin d’hommes comme lui : prêts à tout. Mais Cornuaud, pour prix d’un viol qu’il a commis sur le négrier qui l’employait, s’est fait enjominer par une sorcière noire…

Avis de Stéphanie

Tome 1 :

note 5

C’est avec ce roman que je découvre la plume de Pierre Bordage. Et quelle plume!

Je préfère vous avertir, dès à présent: âmes sensibles, s’abstenir !

Ce roman historique est d’une justesse aussi époustouflante qu’épouvantable. C’est bien simple, j’ai hésité une bonne dizaine de fois à poursuivre ma lecture.
D’abord, il y a cette myriade de personnages de fiction et historiques qui s’invitent dès les premières pages et qui n’ont de cesse de peupler le roman alors même que leur importance est anecdotique dans le cadre de l’intrigue. Et pourtant, j’ai lu et apprécié Cent ans de solitude (ceux qui l’ont lu, comprendront où je veux en venir…).

Ensuite, la violence extrême. Ce n’est pas un chef d’accusation à charge contre l’auteur. Comprenez-moi, j’ai parfaitement conscience qu’en 1792, une époque pétrie de violence sociale, politique, religieuse, coloniale et esclavagiste, l’auteur ne peut décemment pas proposer un roman qui en soit exempt, alors même qu’il se veut historique.

Il m’est souvent arrivé de lire des textes dans lesquels la violence fait rage. Mais l’ultra réalisme (qui se manifeste également à travers les dialogues en patois) rend cette violence insoutenable puisque tangible.

Enfin, les personnages. Si j’ai apprécié suivre Émile, il m’a été plus difficile d’encaisser Cornuaud, un homme qui après avoir violé une gamine noire de 10 ans sur un négrier, se fait enjominer par une des femmes qui assistent, impuissantes, à la scène.

Vous comprendrez que cette lecture n’a pas été sans heurts, pour moi. Mais voilà, la plume de Pierre Bordage est aussi affûtée qu’un scalpel et décortique l’humain, révélant ce qu’il a de plus lumineux et de plus sombre. (Cf. Flaubert)

J’aime le rythme de sa narration, son talent de conteur ainsi que la poésie de ses descriptions et de ses métaphores.

Je suis assez bouleversée par ce premier tome et je redoute le suivant.

Tome 2 :

note 5

e ne vais pas vous mentir, malgré la finesse et l’élégance de la plume de Bordage, j’ai sauté quelques paragraphes, ce qui ne m’arrive, pourtant, jamais… Si j’ai été capable de me forcer à lire des passages extrêmement violents dans le premier tome, il faut croire que mon seuil de tolérance a été mis à mal dans celui-ci.

Je ne supporte plus que difficilement le personnage de Cornuaud dont la noirceur de l’âme n’est plus à prouver. Les crimes abominables qu’il commet ne sont pas dictés par la seule enjomineuse. Il n’a d’ailleurs pas eu besoin de cet envoûtement pour violer une enfant dans le premier tome.

Emile, quant à lui, voit son esprit rationnel mis à mal.en découvrant l’existence de la magie. Il quitte sa Vendée natale et s’enfonce dans le Paris de la révolution, de la Terreur.
Petit clin d’oeil à Balzac, selon moi, lorsque Emile se retrouve sur les hauteurs de Paris avec une vue plongeante sur la capitale qui s’étend à ses pieds. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la fin du Père Goriot quand Rastignac dit le célèbre « À nous deux, Paris! »,
Mais, malgré ma curiosité titillée par un véritable cliffhanger, je ne me sens pas de me lancer dans le troisième et dernier tome.

Ce roman me fait beaucoup penser à Gagner la guerre. Un roman de très grande qualité, très bien écrit, très bien documenté, très bon… mais je pense qu’il arrive qu’on passe à côté d’une œuvre parce que ce n’est tout simplement pas le moment pour moi, de l’apprécier pleinement.
J’y reviendrai, à coup sûr mais j’ai besoin de temps et d’un peu plus de recul.
Bien entendu, je vous tiendrai informés lorsque je retenterai l’aventure.

Tome 3 :

Non chroniqué. Un univers trop réaliste, sombre et violent.

Stéphanie

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