Le Pingouin de Andreï Kourkov

le pingouin
Titre : Le Pingouin
Auteur : Andreï Kourkov
Éditeur : Liana Levi
Date de parution : 05 mars 2015

Résumé

Si Victor Zolotarev adopte un pingouin au zoo de Kiev en faillite, c’est pour couler avec lui des jours paisibles. Mais nourrir deux personnes n’est pas une mince affaire pour un écrivain dans une ex-République soviétique. Heureusement la providence, sous les traits d’un affable rédacteur en chef, apporte une solution étrange et alléchante : rédiger pour un grand quotidien des notices nécrologiques de personnalités encore en vie. Boulot tranquille et lucratif, jusqu’au jour où Victor s’aperçoit que, par un curieux hasard, la commande d’une notice précède de peu la mort de la personne concernée… De quoi se poser des questions. Mais Victor se rendra très vite compte qu’il vaut mieux ne pas trop chercher à comprendre.
Un tableau impitoyable de l’ex-Union soviétique et de ses mafias.

Avis de Stéphanie

note 5

Que j’aime cette littérature !
Un écrivain a pour compagnon un pingouin. Tous deux vivent dans un milieu qui n’est pas véritablement le leur. Victor est un écrivain raté qui ne parvient pas à écrire de fictions sauf de temps à autre, une nouvelle. Micha est un manchot qui se trouve relégué au rang d’animal domestique après avoir vécu dans un zoo.
Victor et Micha fonctionnent en tandem et ce n’est pas la présence de Nina ou même celle de la petite Sonia qui parviendra à défaire ce qui les lie l’un à l’autre.
Inadaptés et isolés, les deux « personnages » ne font qu’un. L’aptitude à communiquer de Victor n’est pas plus évoluée que celle de Micha…

Dans cette société hostile aux intellectuels et aux artistes bouleversée par la politique, la criminalité et les attentats, Victor ne parvient pas à vivre de sa plume et accepte de rédiger des « petites croix » c’est-à-dire des rubriques nécrologiques extrêmement personnalisées concernant des personnes médiatisées. Ces dernières ont la particularité d’être encore vivantes au moment de la rédaction. Petit à petit, les petites croix paraissent au fur et à mesure que meurt tout ce petit monde. Victor découvre que les morts ne semblent pas être le fruit du hasard.

La mort et l’absurde jalonnent ce roman dans une atmosphère intérieure douce et chaleureuse.
Comme un grand nombre de héros de la littérature russe et slave de manière générale, Victor se caractérise par une passivité et une inertie déconcertantes. Même lorsqu’il entrevoit les rouages de la machinerie infernale qui est en marche et dont il est l’instrument, il avorte ses pensées et court-circuite son raisonnement afin de ne pas avoir à agir. Il se raccroche alors à l’illusion du bonheur ignorant sa solitude et la vacuité de son existence.
Un roman puissant et tendre qui m’a été recommandé et que je ne regrette pas d’avoir lu.

Stéphanie

2 thoughts on “Le Pingouin de Andreï Kourkov

  1. Buckette

    Je me suis toujours dit que de tous les classiques, je devrais lire celui-ci. Il reçoit tellement de bon commentaires, comme ta chronique !

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