Le gang de la tamise de Jessica Fellowes


Titre : Le gang de la tamise (Les sœurs Mitford enquêtent #2)
Auteur : Jessica Fellowes
Éditeur : JC Lattès
Date de parution : 09 mai 2019

Résumé

À la fin d’un bal masqué donné à Asthall Manor pour les dix-huit ans de Pamela Mitford, quelques-uns des Bright Young Things, cette jeunesse dorée et débridée dont les journaux commentent avidement les nombreuses frasques, organisent l’une de leurs fameuses chasses au trésor. Mais la partie se termine tragiquement : l’un des invités est poussé du haut du clocher de l’église.

Convaincue de sa culpabilité, la police arrête alors Dulcie, une domestique, qui fait partie du gang des Quarante Voleuses dirigé par Alice Diamond.

Mais Louisa Cannon, chaperon des sœurs Mitford, croit Dulcie innocente. Avec Pamela et Nancy Mitford, elle est bien décidée à disculper la jeune fille….tandis que le véritable assassin rôde peut-être non loin de là.

S’inspirant d’un fait réel – le gang des Quarante voleuses ou les Quarante Éléphantes, qui organisaient des grandes razzias dans les plus grandes enseignes londoniennes – Le Gang de la Tamise est une véritable plongée dans le Londres des années folles et dans des lieux interlopes où se côtoient la pègre et la bourgeoisie anglaise.

Avis de Stéphanie

note 5

Ce roman est le deuxième tome de la saga Les sœurs Mitford enquêtent. Le fait de ne pas avoir lu le premier tome n’empêche pas de suivre puisque l’enquête menée y est complète, du crime à sa résolution. Cependant, je crois que pour bien saisir la subtilité des relations entre les personnages, il serait préférable de lire le premier tome L’assassin du train, ce que je vais très probablement faire dans les semaines à venir.

En découvrant le titre du roman, je pensais que toute l’intrigue tournerait autour des sœurs Mitford ou du moins qu’elles en seraient le point névralgique alors qu’elles ne mènent pas véritablement l’enquête, elles y contribuent indirectement. C’est Louisa Cannon, une jeune domestique de 23 ans qui travaille dans la demeure de cette famille à Asthall Manor, qui va être au cœur du roman. Parallèlement, l’enquête est menée par Guy et Mary, deux policiers en mal de reconnaissance au sein de la police londonienne.

Je trouve intéressant que l’on suive Louisa, le point de vue, les états d’âme et les errances d’une domestique qui de par sa condition modeste et son passé se trouve à cheval entre deux mondes : les bas-fonds du Londres des années 30 et la haute société. Ayant fréquenté ces deux milieux en apparence diamétralement opposés, elle circule presque toujours avec aisance de l’un à l’autre. On s’aperçoit, sans surprise, que le mal se niche partout, n’a pas d’adresse et se fiche de la condition sociale.

Dulcie Long est une jeune domestique qui a longtemps fait partie du Gang des Quarante voleuses et qui souhaite visiblement se ranger. Elle se trouve accusée (à juste titre ?) du meurtre d’Adrian Curtis, un jeune aristocrate aux mœurs douteuses mais bénéficiant de la protection de sa condition sociale. Persuadée de son innocence mais sans aucune preuve, Louisa décide de prendre la défense de Dulcie et mène l’enquête afin de découvrir l’identité du meurtrier.

Mue par son sens de la justice et la volonté de devenir actrice et non plus spectatrice de sa propre vie, elle va prendre en main l’enquête aidée de son ami Guy et de Nancy et Pamela Mitford. Louisa est touchante : sa jeunesse, sa naïveté et son humanité la poussent parfois à commettre des erreurs mais aussi à se fier à son instinct et à découvrir les vérités voilées.
Nancy Mitford est une jeune fille qui semble vraiment superficielle pour laquelle j’avoue ne pas avoir trouvé un grand intérêt. (Peut-être que les tomes suivants me donneront tort…) L’une de ses sœurs, Pamela, est bien plus intéressante, de mon point de vue, et j’espère la retrouver dans la suite de la saga. Proche de Louisa et ne méprisant pas les domestiques, elle appartient malgré tout au milieu aristocratique dans lequel elle ne se sent pas toujours à son aise.
L’enquête est menée à la manière d’un Cluedo et la reconstitution de la scène de crime, dans ce huis clos final, nous plonge incontestablement dans l’univers d’Agatha Christie.

Sans vous spoiler l’intrigue, je peux vous dire que j’ai trouvé la force du personnage de Louisa qui est déterminée à se frotter à Londres : à la manière de Rastignac (non pas par arrivisme mais pour des motifs plus nobles dans le cas de Louisa) qui s’écrie à la fin du Père Goriot s’adressant à Paris : « À nous deux ! », elle va décider de quitter la campagne, de se replonger dans le Londres de son enfance, de prendre sa vie en main et de faire basculer son destin.
J’attends la sortie du troisième tome dans lequel je souhaite vraiment retrouver Pamela, Guy et Louisa.

Stéphanie

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3 thoughts on “Le gang de la tamise de Jessica Fellowes

  1. Silkfeather

    Je ne connaissais pas cette auteure ni son univers, mais la chronique de Stéphanie me donne des idées de découverte !

    En effet, étant férue d’Agatha Christie durant mon adolescence (j’ai englouti, durant ces années, je ne sais combien de volumes de ses oeuvres complètes ! ), cette présentation du livre m’incite à retrouver cette époque !

    Un coup de chapeau spécial à Stéphanie, pour son arrivée chez Lune et Plume, et pour cette chronique avec une rare (car très peu vu jusqu’ici) mais très appréciée référence à l’un de nos classiques de la littérature :  » Le Père Goriot  » d’Honoré de Balzac !

    Cela montre que nous pouvons adorer  » les romans féminins  » sans renier pour autant les oeuvres littéraires fondamentales de la littérature française ou internationale ! Et contrairement à ce que pensent certains esprits dédaigneux, aujourd’hui, la romance est lue aussi bien par la cadre supérieure dirigeante d’entreprise, en passant par l’ingénieure de recherches et développement, à Madame Michu, ménagère de moins de 50 ans et mère au foyer !

    Bravo à l’équipe de Lune et Plume pour cette belle découverte ! Et sachez que votre site est très apprécié par vos lectrices de tout âge (de la collégienne à la retraitée), à Paris/Ile-de-France, qui vous suivent et vous font connaître auprès de leurs copines, par le bouche-à-oreille ! Vous êtes devenues une référence lorsque nous recherchons une nouvelle auteure ou un dernier livre paru ! Donc tenez bon contre vents et marées, et amenez-nous au bout de la terre dans vos périples littéraires !

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    1. Moonshine Post author

      Merci à vous pour vos commentaires.
      J’ai été très heureuse de vous rencontrer. Et surtout un immense merci pour votre soutien.

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    2. Stéphanie

      Je suis très touchée par votre message et partage votre point de vue quant à la littérature.
      La littérature est un univers aux constellations multiples. On peut naviguer de l’une à l’autre pour tenter de l’embrasser tout entier.
      Vaste et infini projet.
      Bonne lecture !

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