Le ciel est partout de Jandy Nelson

couv le ciel est partout

Titre : Le ciel est partout
Auteur : Jandy Nelson
Éditeur : Gallimard Jeunesse
Date de parution : 05 avril 2013

Résumé

Un amour brûlant, une perte dévastatrice, Lennie lutte pour trouver sa propre mélodie. Alors que Bailey, sa sœur, sa meilleure amie, vient de mourir, comment continuer? A-t-elle le droit de plaire, elle aussi? De désirer Toby? D’être heureuse sans Bailey? Et comment ose-t-elle rire encore? Parfois, il faut tout perdre pour se trouver…

Avis de Melwasul

lep-note-plume-5Ce livre, je l’ai fini hier à 2h du matin. Ce livre, j’y ai pensé en me couchant, j’y ai pensé en me réveillant. Ce livre, à peine fermé, j’ai été obligée d’envoyer un texto à Mocking Jay (comme avec tout livre me faisant réagir)(en bien ou en mal ^^). Le texto donnait à peu près ça : «Mon dieu, mon dieu, mon dieu ! Je viens de pleurer, crier, rire, pleurer encore, m’énerver, pleurer beaucoup, sourire beaucoup aussi, pleurer encore, pleurer rire sourire… Mon cœur bat toujours à 10 000 à l’heure, il est tout triste et tout heureux, il est je ne sais pas trop, juste waouhh…. Bref il faut que tu lises Le ciel est partout ! ». (Oui je suis une folle.) Mais ce livre est juste merveilleux, dans un genre différent, il m’a un peu fait le même effet que Nos étoiles contraires (même si j’ai moins pleuré que pour Nos étoiles contraires).

Lennon a perdu sa grande sœur, sa meilleure amie, sa moitié. Abandonnées très jeunes par leur mère, élevées alors par leur grand-mère Manou, elles ont toujours tout été là l’une pour l’autre. Quand sa sœur meurt subitement d’une arythmie cardiaque, c’est le monde tout entier qui s’effondre autour de Lennie. Pourquoi sa sœur et pas elle ? Pourquoi ? Mais surtout comment ? Comment vivre sans sa sœur ? Comment réapprendre à vivre, à être heureuse, à aimer, à rire sans cette culpabilité qui la ronge.

Ni Manou sa grand-mère un poil bohème, ni son oncle Big légèrement déganté, ni Sarah sa meilleure amie ne trouvent les mots, les actes pour la sortir des ténèbres qui l’entourent. Elle ne peut pas leur parler, elle ne peut pas se confier à eux car aucun d’eux ne peut souffrir comme elle souffre. Elle tombe un jour sur Toby, le petit ami de Bailey. Elle trouve alors en lui quelqu’un qui souffre peut-être autant qu’elle, qui peut la comprendre, qui sait ce qu’elle traverse. Ils vont se rapprocher, trop se rapprocher, faire des erreurs puis finalement comprendre ce qu’ils sont l’un pour l’autre.
Mais ce qui va vraiment tout changer, ce qui va la ramener à la vie, c’est sa rencontre avec le nouveau : Joe Fontaine musicien tout comme elle. C’est le rayon de soleil de ce livre et de Lennie. Un garçon toujours souriant, toujours le regard pétillant, une joie de vivre perpétuelle. Joe, finalement, c’est la vie.

Ce livre m’a fait réagir comme me font rarement réagir des bouquins, je suis passée par toutes sortes d’émotions, mais j’ai surtout eu envie de faire partie de l’histoire, d’avoir mon mot à dire, de ne pas être une simple lectrice, une simple spectatrice.

J’ai eu envie de prendre Lennie et Toby dans mes bras pour les réconforter. J’ai eu envie de dire à Lennie que, non, elle n’était pas la seule à souffrir. Par moment, j’ai eu envie de la secouer, de lui donner des coups de pieds aux fesses, de l’étrangler. J’ai eu envie de secouer mon bouquin comme un prunier pour qu’elle arrête les bêtises. J’ai eu envie de lui ouvrir les yeux, j’ai eu envie d’être là pour elle, pour la guider. J’ai eu envie de la réconforter, de lui dire que finalement je comprenais pourquoi elle avait eu ces réactions, de lui dire que Joe comprendrait aussi et qu’il lui rouvrirait son cœur. J’ai eu envie de rencontrer Bailey. Moi aussi, tout comme Lennie, j’aurais tellement voulu qu’elle connaisse avec Toby ce bonheur qui leur tendait les bras.

J’ai eu envie de rencontrer Joe, de l’avoir sous mes yeux. J’ai eu envie de le prendre dans mes bras et de le consoler. J’ai eu envie, également de le secouer pour qu’il comprenne l’erreur de Lennie. J’ai eu envie de le gifler à un certain moment juste avant d’avoir envie de le prendre à nouveau dans mes bras. J’ai eu envie de l’embrasser à la fin du bouquin juste pour lui dire merci. Merci d’être ce qu’il est. Merci d’être ce garçon épatant au cœur si doux.

J’ai adoré retrouver entre chaque chapitre ces petits moments, ces petits poèmes, ces réflexions que Lennie dédie à sa sœur et qu’elle sème aux quatre vents. Des petits mots trouvés dans des arbres, derrières des rochers, sur des gobelets en plastiques, les portes de toilettes, sous des semelles de chaussures,… Des petits mots qui m’ont fait rire, sourire mais surtout pleurer. Des petits textes bien plus importants que ce que l’on pourrait croire au début. Des petits textes qui nous apprennent à connaître Bailey et qui nous montrent la force du chagrin de Lennie, qui nous montrent le lien qui les unissait et qui nous brisent littéralement le cœur. Mais des petits mots qui finalement seront un message d’amour et d’espoir.

J’ai adoré l’écriture Jandy Nelson. Elle m’a littéralement emportée dans son bouquin, j’ai eu l’impression de vivre ce qu’elle me contait. Ses mots m’ont toujours paru justes. Sans en faire des tonnes, sans tomber dans le larmoyant pitoyable, elle trouve des paroles qui résonnent en nous. Des mots qui nous apaisent. Elle nous offre un peu, un livre anti-blues. Un message d’amour et surtout d’espoir. Quoiqu’il arrive, l’homme est plus fort que ce qu’il pense, il y a forcément une lueur d’espoir et de bonheur au bout du chemin, il suffit d’y mettre un peu du sien, de savoir s’appuyer sur les êtres qui nous entourent, de savoir accepter l’aide que l’on nous propose. Ce n’est pas facile, ce n’est pas un long fleuve tranquille, c’est un chemin qui se trace pas à pas, mais il est là, il existe.
Elle a su apporter une pointe d’humour à son roman à travers Joe, ses frères et les personnages qui entourent Lennie. Mais aussi grâce à Lennie elle-même, dont les réflexions, les actes nous font sourire par moment. Comme John Green dans Nos étoiles contraires, elle a su me faire rire et pleurer à la fois.

J’ai rigolé un peu, beaucoup.
J’ai pleuré, beaucoup, passionnément.
J’ai aimé, à la folie, de tout mon cœur.

Extraits

J’observe Joe attentivement. J’avais oublié à quel point il était lumineux, comme s’il appartenait à une race d’humains qui aurait non pas du sang mais de la lumière dans les veines. […] Ce type se shoote à la vie. À côté de lui, Candide est le pire des rabat-joie. Est-ce qu’il sait que la mort existe, au moins ?

ANTI-ORGASMIQUE
(Trouvé dans une enveloppe, sur le lit, dans la chambre à ciel ouvert)
(Exhumé dans la chambre de Joe, dans la poubelle, déchiré en mille morceaux par Lennie)
(Retrouvé sur le bureau de Joe, intégralement rafistolé au Scotch, avec le mot « anti-orgasmique » inscrit en travers)
(Trouvé encadré dans le tiroir de la commode de Joe, où il se trouve encore)

Musicalement Vôtre,

Melwasul

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28 réflexions au sujet de « Le ciel est partout de Jandy Nelson »

  1. Ialys

    J’adore ta chronique tu m’as plus que convaincu de le lire. Depuis nos étoiles contraires je cherche un livre qui me procurera cette émotion intense que jai ressenti à sa lecture et je l’ai peut être trouvé 🙂

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  2. Kieu-Xuan

    Je l’ai lu il y a longtemps et pourtant ce livre reste ancré dans ma mémoire. C’est un de ces livre qui vous font réfléchir et même si parfois l’héroïne était a baffer j’avais toujours de la reconforter. J’ai adorer sa grand-mère et son oncle et surtout cette histoire de plante 😉 Ce roman est vraiment touchant et je crois que ce sont les petits mots qui en font sa force.

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  3. MockingJay

    J’arrive pas a le commencer.
    J’ai pas envie d’un livre qui fait pleurer pour l’instant, mais il reste en haut de ma PAL, et d’ici une semaine ou deux, je l’attaque! j’ai hâte de rencontrer joe, plus que les deux autres 😀

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    1. Melwasul

      nan mais il fait pas pleurer beaucoup juste un tout petit peu 😀 mais en tout cas tu n’y échapperas pas, même si je dois passer par la torture (genre je ne te parles plus tant que l’as pas lu), tu finiras pas le lire 😀

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      1. MockingJay

        Même pas cap :p
        Mais non t’inquiète, j’ai vraiment envie de le lire.

        Cette semaine, il me faut de l’action, des combats et des ennemis a zigouiller 😀
        La semaine suivante je serais en mode « la vie est injuste, je suis seule au monde » et la je serai dans l’ambiance pour lire un livre de ce genre 😉

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    1. Melwasul

      Oui c’est dans les émotions qu’il m’a fait penser à Nos étoiles contraires mais comme je dis dans un tout autre genre … (oui il finit bien mieux … 🙂 )(ce qui est le plus proche possible d’un happy end pour ce genre de livre ^^)

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  4. Stef

    Tes chroniques font mal à mon portefeuille :-). Dur dur de recommencer un livre après « tes mots sur mes lèvres » mais je me lance tout de suite!

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    1. Melwasul

      c’est un bon choix ! personnellement moi depuis Tes mots sur mes lèvres je suis bloquée 🙁

      en tout cas, j’espère que tu vas aimer celui-ci autant que moi !

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      1. Stef

        Je l’ai commencé dimanche dernier et j’ai du mal à avancer. Au départ je pensais que c’était l’effet Tes mots sur mes lèvres alors j’ai arrêté quelques jours puis je m’y suis remise. Et là je rame toujours, je lis quelques pages dont j’oublie rapidement le contenu. Alors je me force à le finir mais j’en suis à la moitié et je pense que si je ne suis pas emballée maintenant je ne le serai plus 🙂

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  5. Myrtille

    J’ai aussi beaucoup aimé ce livre, il m’a vraiment touché ! Par contre j’ai parfois eu envie de secouer Lennie pour la réveiller (pour certains choix qu’elle fait 😉 Joe est juste parfait non ?

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    1. Melwasul

      Oui elle mérite de vrais coups de pieds aux fesses par moment 😀 et Joe … pfff c’est même plus parfait c’est juste le héros idéal <3

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    1. Melwasul

      Bon je suis rassurée quand même si tu as passé un bon moment avec, je m’en serais un peu voulu si tu n’avais pas du tout aimé. Après les goûts et les couleurs comme on dit …. En tout cas merci d’avoir partagé ton avis avec nous, ça fait toujours plaisir d’avoir les impressions après lecture d’autres personnes 🙂

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  6. Lea

    Tout d’abord, j’aimerai vivement te feliciter pour ton blog ! Je viens de le découvrir et je le trouve S-E-N-S-A-T-I-O-N-N-E-L ! Des chroniques complète, toujours agréables a lire avec des arguments fondés , c’est un véritable plaisir !^^ Enfin, je suis contente de voir que ce livre t’a touchée de la même manière que moi, et je te dis bravo pour avoir su expliquer tous ces sentiments complexe qui surviennent à la lecture de cette merveille ! Bon courage, j’attends tes prochaines chroniques avec impatience !:D

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    1. Moonshine

      Merci Lea est bienvenue parmi nous. Alors pour le blog, je suis la créatrice. Mais pour les chroniques, je laisse tout le mérite à mes chroniqueuses. <3

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        1. Melwasul

          Merci en effet le blog c’est Moon qu’il faut féliciter. La chronique est de moi celle-ci.

          En tout cas, j’ai fait ce que j’ai pu mais il y a des livres c’est vraiment plus difficiles que d’autres de peur de trop en dire, de peur que les lecteurs pensent qu’on en rajoute des tonnes alors que c’est vraiment naturel ^^

          En tout cas bienvenue sur le blog 😉

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  7. tothemoonandback

    Commandé avec « Nos étoiles contraires », accompagnés d’une belle boite de mouchoirs Princess – bah oui, on trouve le réconfort où on peut 😀

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      1. Melwasul

        En effet, une seule boîte ça va être juste, quand je l’ai envoyé à MJ j’avais rajouté dans l’enveloppe un paquet de mouchoirs, je crois bien que ça n’a pas été suffisant ! ^^

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  8. tothemoonandback

    Je viens de le finir et je ne sais pas si je suis capable de donner mon avis, c’est assez étrange. J’ai le sourire aux lèvres, c’est déjà bon signe.

    Première chose, j’ai trouvé que l’auteur abordait le deuil d’une manière vraie, et c’est tellement rare que rien que pour ça, j’aimerais la féliciter. On nous représente souvent les personnages endeuillés noyés sous les larmes, mais ce qu’on nous dit rarement, ce qu’on dépeint rarement, c’est cette impression de folie un peu ouatée – être fous dans du coton, hors du monde, quoi. Et c’est pourquoi j’ai trouvé les réactions de Lenny vraiment compréhensibles. Et justes. J’ai parfois été agacée par ses réactions, mais je les ai comprises.

    Certains passages étaient un peu trop « young adult » pour moi, quoique je m’exprime mal, c’est pas vraiment ça, je m’explique : certaines répliques m’ont fait sourire et je me suis dit « ah la les jeunes » – bon, je n’ai même pas 30 ans^^ et pourtant ça ne m’a pas dérangé plus que ça parce que… bah parce que Joe. Ce garçon au sourire lumineux. Cils. Cils. Cils. Par certains côtés, il m’a fait penser à Warner, même si je ne saurais pas expliquer pourquoi. C’est peut-être juste dans ma tête. Ou alors c’est son côté absolu. Un peu fou. Et là j’en viens à ce que j’ai adoré : l’univers bizarre et magnifique de la famille Walker. Je m’y suis parfaitement retrouvée, et je rejoins le bazaressentialisme tout de suite!

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