Le Choix d’Aimer de Malorie Blackman

couv le choix d'aimer

Titre : Le Choix d’Aimer (Entre Chiens et loups #3)
Auteur : Malorie Blackman
Éditeur :  Milan – Macadam
Date de parution : 19 juillet 2012

Résumé

Imaginez un monde. Un monde où tout est noir et blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé.
Dans ce monde, une enfant métisse est pourtant née, Callie Rose. Une vie entre le blanc et le noir. Entre l’amour et la haine. Entre des adultes prisonniers de leurs propres vies, leurs propres destins. Viendra alors son tour de faire un choix. Le choix d’aimer, malgré tous, malgré tout…

Avis de Melwasul

note 5Voilà Sephy de retour pour ce troisième tome. De retour oui, mais 16 ans après le deuxième tome. Après deux tomes difficiles pour nos petits cœurs fragiles, à l’ouverture de ce tome nous espérons que les choses tournent bien pour Sephy. Nous voulons la voir heureuse, évoluant dans un monde sans haine.

Et deux éléments nous laissent espérer : le titre Le choix d’aimer mais aussi la couverture, une couverture moins sombre, de couleurs vives (selon la date de parution de ce tome).

Puis vient la lecture du début du premier chapitre :

Voici les choses de ma vie dont je suis sûre :
Je m’appelle Callie Rose. Je n’ai pas de nom de famille.
J’ai seize ans aujourd’hui. Bon anniversaire, Callie Rose.
Mon père s’appelait Callum McGrégor.
Mon père était un Nihil.
Mon père était un meurtrier.
Mon père était un violeur.
Mon père était un terroriste.
Mon père brûle en enfer.
Chaque fois que ma mère pose les yeux sur moi, elle souhaite de toutes ses forces que mon père soit en vie – et que je sois morte.
(Callie Rose)

Bon, pour l’espoir on va attendre encore un peu. On commence ce nouveau roman comme on a fini les deux autres : le cœur en miette. Les paroles de Callie Rose sont tellement fortes, remplies d’une haine et d’une rancœur contenue. On souffre pour elle. Et à ce moment-là, comment ne pas se rappeler la cruelle lettre du tome précédent. Comment pas ne pas comprendre ce qu’elle ressent. Puis ensuite on pense à Sephy : comment arrive-t-elle à vivre sans Callum, après les découvertes qu’elle a faites sur lui, avec une fille qui croit qu’elle ne veut pas d’elle ? Oui, vraiment l’espoir ce n’est pas pour de suite.

Nous retrouvons Jude, et nous avons toujours aussi mal pour lui. Il est de plus en plus sombre, de plus en plus dur. Il serait tellement facile de le haïr en observant ses pensées, ses actions, le fossé qu’il creuse telle une tombe entre Sephy et sa fille. Et pourtant, là où Mallory Blackman est forte, c’est qu’elle arrive à nous faire éprouver de la peine pour cet homme consumé par la haine, qui va finir par le détruire.
Nous alternons toujours la narration entre plusieurs personnages : Callie Rose, sa mère, ses grand-mères, son oncle. Autant de regards différents sur les mêmes actes. Autant de visions qui nous font réfléchir à l’histoire sous tous les angles : d’un peuple à l’autre, d’une génération à l’autre. Mais nous alternons aussi les passages entre le passé et le présent. Nous observons alors l’évolution de Callie Rose à travers le temps de manière judicieuse : l’auteur nous montre bien que chaque acte du présent découle directement de l’histoire et du passé de nos personnages. Mallory Blackman intègre à l’histoire de nouveaux personnages qui nous apporte enfin une note d’espoir, une note d’humour.

Nous retrouvons également Sephy. Notre chère Sephy. Que nous avons vu aimer, grandir, souffrir, pleurer, désespérer mais sans jamais arrêter de se battre. Et elle continue à lutter pour retrouver un semblant de vie, pour renouer le lien brisé avec sa fille. Elle a encore grandit, elle est plus mature, a retenu les erreurs de son passé.

Et pour finir, Callum. Et c’est là encore un des nombreux talents de l’auteur. Callum n’aura cessé d’être présent du début à la fin de la série. Sephy ne l’a pas oublié et l’aime toujours. Elle a pris du recul avec sa lettre. Elle a compris. Peut-être même avant nous. Elle l’aime du même amour qu’au premier jour. Elle réapprend à vivre mais aussi à aimer un autre. On voit toute cette évolution, tout ce cheminement pour apprendre à faire de la place à quelqu’un d’autre dans son cœur et en premier lieu sa fille chérie. La relation avec Callie Rose est tellement compliquée qu’on souffre pour les deux. On comprend que Callie Rose puisse être déçue par Sephy mais on comprend encore plus la peur de Sephy, la peur de perdre ce qui lui reste de plus cher, son besoin de cacher à Callie de nombreuses choses pour la protéger.

Jusqu’à « THE LETTRE » qui va les réunir toutes les deux, les libérer. Une lettre qui va me faire monter les larmes aux yeu. Une lettre d’amour qu’à force je dois connaître par cœur.

Mais n’oublie jamais : je t’aime plus qu’il y a d’étoiles dans le ciel. Plus que de secondes passées ou à venir, plus que tu ne peux l’imaginer. Je t’aime.

À toi, pour la vie sur cette Terre et celle dans l’autre monde.
(Callum)

Je ne dévoilerais rien d’autre de cette lettre pour vous laisser la déguster à sa juste valeur, mais je vous l’assure, elle vous fera craquer.
Puis arrive le moment tant redouté, celui des dernières pages, de la fin, du sacrifice. On cherche un moyen de prolonger le plaisir mais non la fin arrive trop vite. Parfaite, tellement parfaite. Une fin parfaite pour une série parfaite. Une fin qui nous dit tout dans un silence parfait (oui je sais c’est bizarre mais en le lisant vous comprendrez, c’est assez dur à expliquer, de poser des mots sur ce que l’on ressent à la fermeture du bouquin).

Au final, l’auteur nous a concocté une série forte et poignante, qui nous fait passer par tous les sentiments : amour, haine, rage, espoir, désespoir… Pas un ne nous sera épargné. Une trilogie qui ne nous laisse pas un moment de répit. Je me suis prise d’une véritable affection pour Sephy, Callum et leur famille et j’ai aimé suivre leurs aventures, souffrir et aimer avec eux.
Je me répète mais je le dirais encore, encore et encore : une série parfaitement parfaite jusqu’au dernier point.

Et j’ai senti, autour de Maman et moi, les bras de Papa. Et dans mon cœur, Papa souriait.
(Callie Rose)

Malorie Blackman a écrit un quatrième tome (surprise) à cette trilogie. Toujours aussi bien écrit mais qui m’a moins touché que les trois précédents. Je le considère plus comme un livre à part, une sorte de suite mais pas de la même série. Pour moi la véritable fin est le troisième tome. Ce quatrième tome (Le Retour de l’Aube) est une sorte de bonus qui nous permet de retrouver des personnages chers à notre petit cœur. C’est pour cela que je n’en ai pas fait la critique ici et que je pense que je ne la ferai jamais. Pour moi cette série, ce sont ces trois tomes et rien de plus.
Je pense que cette série restera toujours un de mes plus grands coups de cœur.

Désespérément Amoureusement Vôtre,
Melwasul

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