La première mort de Fiodor Mikhaïlovitch de S.I. Charpentier


Titre : La première mort de Fiodor Mikhaïlovitch
Auteur : S.I. Charpentier
Éditeur : Trakt Editions
Date de parution : 30 mai 2019

Résumé

St Pétersbourg, 1849.
Fiodor M. Dostoïevksi, âgé de vingt-huit ans, est arrêté, emprisonné et jugé lors du procès des pétrachevtsy. C’est l’une des plus importantes affaires du règne de Nicolas I, souverain connu pour ses excès autoritaires et son caractère fantasque. Pour Dostoievski, cet emprisonnement dans la Forteresse Pierre et Paul est un tournant qui va redessiner son existence et changer son écriture. Dans ce roman, construit à partir de documents d’époque, le passé interroge le présent, et ici, sur la place des jeunes dans nos sociétés, sur la violence institutionnelle et le silence qui l’entoure.

Avis de Stéphanie

note 5

J’ai toujours su que Raskolnikov avait quelque chose de Dostoïevsķi.
Ce roman-historique a ceci de formidable qu’il est résolument littéraire. On a l’impression de se replonger dans Crime et châtiment, de se retrouver enfermés dans le tristement célèbre Château d’If aux côtés d’Edmond Dantès, et de percevoir le désespoir et les tourments du Dernier jour d’un condamné.

Alors qu’il a 28 ans, Dostoïevski est arrêté et conduit à la Forteresse Pierre et Paul, accusé d’avoir comploter avec dix-neuf autres jeunes contre Nicolas Ier. Il s’agit de l’une des plus grandes affaires politiques du XIXe siècle en Russie à laquelle se trouve mêlé celui qui deviendra l’un des plus grands romanciers du siècle.

L’histoire est racontée par l’un des hommes qui furent envoyés afin de procéder à l’arrestation de Dostoïevski. La vie du narrateur se voit bouleversée car il est aussi un fervent admirateur de la plume de l’auteur qu’il doit conduire en prison et il a sensiblement le même âge.
Dans ce procès, c’est toute la jeunesse qui est visée. Celle qui subit la violence de la censure et la violence de la répression.

La frontière entre le narrateur et l’auteur est à ce point poreuse que je me suis parfois demandée qui de l’auteur ou du narrateur raconte l’histoire. C’est qu’à l’instar du premier, le second exhume les comptes-rendus et les documents liés à ce terrible procès.

La peur du narrateur de découvrir des preuves écrites de la main de Dostoïevski qui tendraient à constater qu’il a dénoncé ses camarades dans le but de sauver sa vie est aussi celle de l’auteur et de la lectrice que je suis. Admiratrice absolue de Dostoïevski, mes mains tremblaient lorsque je tournais les pages. Et pourtant, Dostoïevski est humain et, comme l’écrit l’auteur, on aurait tort de juger celui qui voit la mort de près.

Je m’étonne de ne pas avoir eu connaissance de ce livre plus tôt et je ne peux que remercier Babelio et Trakt éditions de m’avoir choisie pour le lire lors de la Masse critique.

Merci à l’auteur pour son travail de recherche et pour son talent. Son style envolé, sa poésie, son empathie et sa justesse m’ont permis de partager la cellule numéro 9 avec Dostoïevski le temps de ma lecture.

Stéphanie

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