La femme des dunes de Chris Bohjalian

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Titre : La femme des dunes
Auteur : Chris Bohjalian
Éditeur : Charleston
Date de parution : 10 février 2014

Résumé

Alep (Syrie), 1915. Elizabeth Endicott, une jeune Américaine, arrive en Syrie durant le génocide arménien. Elle se lie d’amitié avec Armen, un ingénieur arménien qui a perdu sa femme et sa fille. Mais très vite, Armen quitte Alep pour s’engager dans l’armée anglaise. Il entame alors une correspondance avec Elizabeth et comprend qu’il est tombé amoureux de la riche Américaine, si différente de la femme qu’il a perdue.

Bronxville, banlieue de New York, 2012. Laura Petrosian, romancière, n’a jamais accordé beaucoup d’importance à ses origines arméniennes. Jusqu’au jour où une amie l’appelle : elle croit avoir reconnu la grand-mère de Laura sur une photo tirée d’une exposition au musée de Boston. Laura entreprend alors un voyage à travers son histoire familiale et découvre un terrible secret enfoui depuis des générations…

Avis de Melwasul

note 5Ou comment ressortir d’un livre avec la chair de poule, toute bouleversée. Magnifique roman, magnifique histoire d’amour, dure, tragique, mais tellement belle et porteuse d’espoir. Voilà comment je pourrais résumer ce livre en quelques mots.

Dans ce livre nous avons deux histoires en une. Ou plutôt une histoire en deux parties. Une qui se passe à Alep en 1915 et l’autre qui se passe de nos jours à New-York. Deux histoires étroitement liées pour ne pas dire indissociables. Ces deux histoires sont l’histoire d’une seule et même famille. L’histoire de Laura Petrosian mais surtout l’histoire d’Armen son grand-père arménien et d’Elizabeth sa grand-mère américaine. L’histoire de leur rencontre, l’histoire de la naissance de leur amour. L’histoire des recherches de Laura. Mais avant tout cela, c’est le récit d’une partie de l’histoire que je ne connaissais absolument pas (et s’en vouloir me dédouaner, une partie de l’histoire que très peu de personnes connaissent à mon avis) : le génocide arménien en 1915 et 1916.

Ce roman est en quelque sorte en deux parties croisées : chaque chapitre mêle l’histoire de Laura à celle d’Elizabeth et Armen. Et je dois dire que si j’ai énormément apprécié la partie historique j’ai un peu moins apprécié la partie contemporaine.

La partie contemporaine c’est l’histoire de Laura, quarantenaire mère de famille qui part à la recherche de l’histoire de sa famille et plus particulièrement à la découverte de l’histoire de ses grands-parents Armen et Elizabeth. Elle va nous replonger dans ses souvenirs d’enfances auprès de ceux-ci, des souvenirs heureux ou teintés de tristesse. Elle va montrer les non-dits, les préjugés, les séquelles qui restent plus d’un demi-siècle après les faits.

Si j’ai moins apprécié ces parties de l’intrigue, elles sont vraiment intéressantes. Elle montre la difficulté de trouver des traces de son passé. Comment chaque acte de bravoure réalisé à l’époque pour sauvegarder une preuve de ce qui s’est passé a eu son importance pour la suite. C’est une belle application du devoir de mémoire.

Mais ces passages sont surtout des éléments qui se rajoutent, qui complètent l’histoire d’Armen et Elizabeth. Une histoire d’amour magnifique. A mon avis, le résumé du livre vous en dit assez et je ne vais pas en rajouter pour ne pas vous ôter votre plaisir.

Mais cette partie du récit, en plus de nous offrir une telle histoire, nous propose une multitude de personnages à forte personnalité et qui vont vous marquer de manière indélébile. Un courage, une force de caractère, une tendresse, qui forcent l’admiration. Car cette partie ne nous cache rien : la dureté de la réalité, la guerre, les scènes qui vous donnent des frissons d’horreurs, une description qui va vous prendre aux tripes. Un texte dur par moment mais qui ne tombe pas dans le pathétique, dans le trop, un récit qui reste juste. Un récit qui finit sur une magnifique note d’espoir qui m’a profondément émue : aucun acte n’est inutile !

J’ai dévoré les pages à toutes allures, je voulais savoir. J’en ai même oublié d’avoir la boule au ventre tellement Chris Bohjalian m’a emporté dans son récit. Ce genre de roman qui retrace une partie de l’histoire, je vois vite s’il est bon ou pas. J’ai un critère, surtout quand je ne connais pas la partie étudiée, celui d’en savoir plus. Et à peine le livre refermé, j’ai foncé sur googleestmonami.com pour en savoir plus sur ce pan terrible de notre histoire. Et c’est là qu’on voit que le livre est magnifiquement réussi, quand l’auteur arrive à attiser notre curiosité sur un sujet pas particulièrement réjouissant.

Mais en plus, en fond, il a réussi à y insérer d’une manière parfaite une belle histoire d’amour qui va vous émouvoir et faire battre votre cœur. Qui va vous faire sourire et avoir les larmes aux yeux. Tout ça pour nous offrir un vrai chef-d’œuvre !

Pour finir j’aimerais féliciter (pour ce que ça vaut ^^) les éditions Charleston. Elles publient peu (un livre en général par mois) mais la qualité est au rendez-vous. Des livres-objets toujours très beaux mais en plus des textes magnifiques qui sortent de l’ordinaire et qui sont pour la plus part de véritables découvertes.

Historiquement Vôtre,

Melwasul

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