La couleur de la peur de Malorie Blackman

couv la couleur de la peur

Titre : La couleur de la peur
Auteur : Malorie Blackman
Éditeur : Milan – Macadam
Date de parution : 18 septembre 2013

Résumé

« Le roman commence dans un train, lors d’une banale sortie scolaire. Un groupe d’adolescents tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Mais très vite, tout bascule. Le train déraille et se retrouve suspendu au-dessus d’un précipice, dans une sorte de temporalité irréelle, entre la vie et la mort. Le jeune Kyle semble être le seul passager indemne. Et alors qu’il parcourt le wagon dévasté, tentant de porter secours à ses camarades inconscients, le récit bascule dans le surnaturel : Kyle se retrouve projeté dans l’esprit de ses camarades, au cœur de leurs plus grandes peurs. Le roman alterne alors entre les moments dans le train, où l’on comprend que Kyle lutte contre la mort, et le récit des cauchemars de ses amis, entre présent, passé, et futur, entre réalisme et fantastique. Histoires de guerre, vision d’un monde dévasté par les armes chimiques et les pluies acides. Histoires de monstres et de créatures mythiques. Histoires de meurtres. Histoires d’oppression, d’esclavage. Tous ces cauchemars sont d’une réalité hallucinante et fascinante, écrits de telle manière qu’on s’y identifie totalement. L’auteur réussit à donner de la chair à notre inconscient, à nos peurs ancestrales. La couleur de la peur est un roman sombre et noir mais porteur d’un message d’espoir : il est possible de faire face à nos peurs les plus profondes pour s’en libérer et les mettre à distance grâce aux mots. »

Avis de Melwasul

note 5Tout le monde a ses cauchemars déjà biens difficile à supporter. Imaginez alors un terrible accident de train dans lequel vous vous retrouveriez coincé. C’est forcément le moment que choisiraient vos pires cauchemars pour resurgir. Puis, imaginez les cauchemars de chacun des passagers du train. Et si ces cauchemars devenez vos cauchemars ? C’est ce que vit Kyle, qui, chapitres après chapitres, plonge bien malgré lui dans les cauchemars de ses voisins. Imaginez la peur, l’angoisse que vit Kyle. Coincé dans ce train, entouré de camarades et inconnus tous plus ou moins inconscients, plus ou moins blessés, assailli par les cauchemars de chacun d’un. Et si cette multitude de cauchemars vous dévoilait votre plus grande peur ? Et si celle-ci n’était pas celle que vous croyez ? Vous découvririez alors la couleur de la peur …

Vous l’avez sans doute compris à mon introduction, j’ai véritablement adoré ce bouquin. Malorie Blackman est une auteure que j’adore après avoir découvert pendant mon adolescence sa série Entre Chiens et Loups (Tome 1, Tome 2, Tome 3)(série que j’aime toujours autant)(à lire de toute urgence si ce n’est pas déjà fait). Alors quand la collection Macadam m’a proposé de m’envoyer la réédition de ce bouquin que je n’avais jamais lu, j’ai hurlé (au sens propre) OUI OUI OUI (hurlements très distingués accompagnés de petits sauts de puces très délicats). Et je les en remercie de tout mon cœur. Bien sûr, au moment de l’ouverture, je n’ai pas échappé à la petite note d’appréhension (petite prière muette)(faîtes qu’il soit aussi bon que je l’espère). Et ma prière a été entendue. Ce livre est tout simplement génial.

A l’origine, comme l’explique Miss Blackman, ce livre est formé de treize nouvelles principalement sorties de ses cauchemars (franchement je n’aimerais pas être dans sa tête quand elle dort !) et sont donc toutes indépendantes les unes des autres. Sauf qu’elle a fait le pari de les réunir pour en faire un seul bouquin, et c’est un pari gagné. Ceci est merveilleusement bien fait grâce à Kyle (et son écriture Of course). Si je ne l’avais pas lu à la fin du bouquin je ne l’aurais jamais deviné. J’ai retrouvé son écriture qui nous emporte au fil des pages et qui, comme pour Entre Chiens et Loups et les tomes suivants, m’avait empêché de fermer le bouquin avant la ligne finale. Elle maintient un suspense terrible entre chaque cauchemar de chaque personnage du bouquin et on ne peut que se demander ce qui est réel dans tout ça, ce qui est purement imaginé, ce qui reflète le passé et le futur, si cela est prémonitoire. Bref que de questions. On a les réponses à certaines (les plus importantes, ouf) mais à la fin du bouquin, une fois celui-ci refermé, on ne peut s’empêcher de laisser travailler notre imagination et c’est juste génial cette infinité de possibilités qu’on découvre.

Et puis ces cauchemars sont de vrais cauchemars bien comme il faut. Ils sont parfaits justement parce qu’ils ne sont pas exagérés sur fond de film d’horreur auquel on ne croirait jamais. Non, ils sont savamment dosés pour qu’on y croit, qu’ils nous filent des frissons mais aussi pour qu’on se pose des questions sur leurs propriétaires (je sais pas trop si on peut le dire pour des cauchemars mais on se comprend inh ?! :D). Le cauchemar qui m’a le plus marqué est sans doute celui de Lily. Il m’a véritablement donné des frissons dans le dos mais je n’en dirais pas plus, à vous de lire ! Il y a également le dernier des cauchemars. Celui que Kyle découvre. Celui qui est son pire cauchemar. Un cauchemar qui est en réalité, je pense, le cauchemar de chaque homme sur notre planète terre. Et chacun d’entre nous s’y retrouve. Cela nous fait réaliser ce qui pourrait nous arriver de pire.

Le livre montre aussi à mon avis qu’il y a deux sens au mot cauchemar. Il y a d’abord les cauchemars qui sont des rêves qui nous font peur. Mais ce mot de cauchemar peut également désigner une situation réelle qui nous arrive et dont on ne voudrait pas y croire. Qui nous fait dire que l’on vit un véritablement cauchemar. On espèrerait que ce soit juste un rêve et pourtant, c’est bien la réalité. Ce qui me fait dire que le premier cauchemar de ce bouquin, c’est avant tout l’accident de train qui arrive à Kyle et ses camarades. Et ce qui se passe dans ce train ? Cela est-il complètement réel ou cela vient-il de l’esprit de Kyle ? Ce réfugie-t-il dans les cauchemars des autres pour oublier ce cauchemar bien réel ? Bref, encore d’autres questions et les réponses se trouvent entre ces pages … (oui je sais je fais vraiment tout ce que je peux pour que vous lisiez ce bouquin).

Je vais m’arrêter là et pourtant j’ai tant d’autres choses à vous dire sur ce bouquin. Je ne vous ai pas parlé de Kyle, ce garçon perturbé par un traumatisme de son passé récent. Un garçon auquel on s’attache et dont on découvre l’histoire au fil des pages, entre chaque cauchemar, mais dont on ne sait ce qu’il en est qu’à la fin. Je ne vous ai pas parlé non plus de ses parents que l’on déteste, que l’on comprend, à qui l’on en veut puis que l’on pardonne. Ni de ses camarades dont on vit les cauchemars ou encore des autres passagers comme Lily ou Rachel dont on ne cesse de se poser des questions et qui vont nous surprendre par leurs actes ou leurs cauchemars. Mais je ne vous en dirais pas plus pour ne pas vous spoiler.

Juste un dernier mot : empressez-vous de découvrir La couleur de la peur…

Je suis ton vœu le plus cher
Ton pire cauchemar.

Cauchemardesqu’ment vôtre,

Melwasul

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4 thoughts on “La couleur de la peur de Malorie Blackman

  1. MockingJay

    Rhoooo celui la va directement en haut de ma PAL!!!

    Macadam nous a gâté ce mois-ci.

    Entre celui la et les 2 que j’ai lu (8PM et Genesis Alpha) personne ne va sortir indemne de ses lectures!!

    Reply
  2. Cindy

    J’imagine bien les hurlements avec les sauts de puce délicats ^^ L’image me plaît !
    Merci pour ce billet, j’imagine la prouesse de l’auteur, qui transforme 13 nouvelles en un roman… J’applaudis!

    Reply
    1. Melwasul

      oui je suis une personne pleine de délicatesse 😀

      et sinon je confirme, si je n’avais pas lu à la fin qu’à l’origine c’était 13 nouvelles indépendantes, je ne l’aurais jamais deviné !

      Reply

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