La Couleur de la Haine de Malorie Blackman

couv la couleur de la haine

Titre : La Couleur de la Haine (Entre Chiens et loups #2)
Auteur : Malorie Blackman
Éditeur : Milan – Macadam
Date de parution : 19 juillet 2012

Résumé

Sephy a 18 ans. Elle vient d’avoir un enfant, une fille. Un événement a priori normal… a priori seulement. Car si Sephy est une Prima (la classe dominante, noire), le père de l’enfant, Callum, est un Nihil : un Blanc. Ou plutôt était. Car il a été pendu pour terrorisme quelques mois avant la naissance. Alors que Sephy fait face à un futur des plus incertains, le frère de Callum, Jude, rumine sa vengeance. Rongé par l’amertume et la haine, il blâme Sephy pour la mort de son frère. Sa vie tourne alors autour d’une seule idée : se venger. Une obsession qui forcera Sephy, une fois de plus, à choisir son camp.

Avis de Melwasul

note 5La couleur de la haine est le roman le plus sombre de la trilogie. Il ne laisse aucun répit à notre petit cœur qui souffre douloureusement. Sephy a du faire un choix, un choix terrible, qui lui a brisé le cœur, un choix entre le passé et le futur : sauver son amour ou la vie qui nait en elle. Elle a choisi : Callie Rose. Bébé de Sephy, bébé de Callum. Bébé d’une noire, Bébé d’un blanc. Bébé métisse. Bébé de l’Amour.

Callie Rose. Tu étais… tu es ma fille. Ma chair et mon sang. À moitié Calllum, à moitié moi, et cent pour cent toi. Pas une poupée, pas un symbole, ni une idée, mais une vrai personne avec une vie toute neuve qui s’ouvrait à elle. (Sephy)

Bébé porteur d’espoir ? On oublie pour ce roman. Pas une place n’est laissée à l’espoir dans ce tome. Juste la haine, la haine à l’état pur, sous toutes ses formes. On navigue ici entre la narration de Sephy et celle de Jude, le frère de Callum.

Œil pour œil, dent pour dent. Une vie pour une vie, une mort pour une mort. C’était la base. C’était simple. (Jude)

On plonge dans les pensées de Jude, frère de Callum qui voue une haine féroce aux noirs et plus particulièrement à Sephy. Des pensées terrifiantes, cruelles, qui nous prennent aux tripes, nous font mal, mal pour son entourage, mal pour lui. Il s’est juré de venger la mort de Callum, il ne vit que pour ça, seul sentiment qu’il accepte : la haine. On le déteste pour ses pensées et ses actes mais on ne peut s’empêcher de le plaindre : quelle horreur que de voir un être perdre à ce point toute humanité, entraîné dans un cercle vicieux. Et puis, on se met à espérer. On veut croire qu’il va s’en sortir, que l’amour pour une noire va le tirer de cette spirale. Jusqu’à ce qu’il commette l’irréparable… lune
Et puis nous avons toujours Sephy. Elle qui a choisi de perdre l’Amour de sa vie, mais aussi sa famille. Qui se retrouve seule, entre deux peuples, entre deux mondes. Un peuple qui la déteste, un autre qui ne la comprend pas et la rejette. Elle va être recueillie par la mère de Callum. Une femme forte qui a tout perdu : son mari, son fils et qui voit son autre fils plonger dans la haine. Elle va choisir l’amour. L’amour pour ce bébé chair et sang de son fils. Elle va soutenir Sephy qui grandit avec la naissance de sa fille et voit chaque jour un peu plus l’horreur qui l’entoure. Chaque jour, elle pense à son amour perdu. Elle cherche la force d’élever et d’aimer sa fille. Une lutte perpétuelle pour s’en sortir et garder la tête hors de l’eau. Jusqu’à ce qu’une lettre terrible arrive et réduise en miette son petit cœur déjà brisé (une lettre qui nous brise également le cœur, à laquelle on ne veut pas croire, cela nous parait impossible).
En nous plongeant dans le personnage de Jude, l’auteur apporte de la force à son récit. De la noirceur mais aussi une autre vision de ce monde de haine. On y prend vraiment place. Son écriture est toujours aussi fluide, elle nous tient en haleine au fil des pages. Dans le premier tome la haine était opposée à l’amour. Dans celui-ci au courage. Au courage d’une mère qui se bat pour survivre. Au courage d’une grand-mère qui se bat pour sa belle-fille et sa petite fille.
Encore un récit poignant de Malorie Blackman jusqu’à la dernière ligne, le dernier point. Une fin qui nous laisse secoués, chamboulés et sur notre faim. Un seul objectif, lire le troisième tome. Un tome que l’on redoute : y a-t-il malgré tout de l’espoir pour une fin « heureuse » après tant de souffrance ?

Callie Rose, respire pour moi ma chérie. Respire.
RESPIRE.
Respire…

Chambouleusement Vôtre,
Melwasul

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