J’étais là de Gayle Forman

J'étais là

Titre : J’étais là
Auteur : Gayle Forman
Éditeur : Hachette Romans
Date de parution : 09 septembre 2015

Résumé

Après le suicide de sa meilleure amie Meg, Cody est sous le choc. Elle était là. Même si Meg et elle s’étaient éloignées depuis quelque temps, elle avait toujours été là pour son amie. Comment avait-elle pu ne pas s’apercevoir que Meg allait si mal ? Pourquoi Meg ne lui avait-elle rien dit ? Quand elle se rend à Seattle à la fac de Meg pour récupérer les affaires de Meg, Cody découvre qu’il y a beaucoup de choses d’elle qu’elle ignorait. Beaucoup de choses qu’elle aurait aimé savoir. Au sujet de ses colocataires, par exemple, le genre de filles que Cody ne rencontrerait certainement pas dans sa petite ville paumée dans l’état de Washington. Ou encore de Ben McAllister, le garçon à la guitare et au sourire narquois qui a brisé le cœur de Meg. Mais surtout, Cody trouve un fichier informatique crypté qui transforme toutes ses certitudes au sujet de la mort de Meg en insupportables questions…

Avis de Melwasul

note 10

Gayle Forman et moi, c’est plutôt une histoire compliquée. Le parfait exemple en est sa « série » Pour un jour avec toi / Pour un an avec toi. Si j’avais plutôt apprécié le premier malgré un certains nombres de défauts à mon goût, j’avais passablement été énervée par le second (dans lequel j’avais sauté quelques passages). Le même scénario s’est produit avec Si je reste et Là où j’irai. J’aime le premier, j’aime le thème, l’histoire, les personnages mais je trouve certains passages plutôt longs mais ça va encore. Puis vint le second et les deux fois, les personnages finissent par m’énerver, l’écriture m’ennuie et je regrette d’avoir ouvert le livre. C’était donc à tout petits pas que j’ai commencé J’étais là dont le thème me semblait plus que prometteur.

Si je n’ai pas entièrement succombé à l’histoire, j’ai beaucoup plus apprécié la plume de Gayle Forman que dans mes souvenirs, je peux même dire que j’ai passé un bon moment de lecture malgré quelques grincements de dents. Comme Le vide de nos cœurs de Jasmine Warga, J’étais là s’attaque au difficile thème du suicide chez les adolescents et de la part de responsabilité (ou non) d’internet. Thème traité d’une manière totalement différente. Si Aysel et Roman, grâce à internet, s’étaient rencontrés pour se suicider à deux, ici, Cody part à la guerre contre un site nommé Destination finale où les membres s’entraident pour se suicider en donnant des conseils et des encouragements.

A travers ce combat, Cody cherche avant tout à comprendre l’acte désespéré de son amie qui avait tout préparé, à savoir pourquoi, à trouver une raison et surtout un coupable. Quelqu’un à rendre responsable du suicide de Meg, quelqu’un qu’elle va pouvoir détester, accuser de tout et qui la libérera de son propre sentiment de culpabilité, elle, son amie la plus proche, qui n’a rien vu venir. Le premier à lui tomber sous la main, c’est Ben. Le si particulier Ben dont je ne sais vraiment que penser mais j’y reviendrai plus tard. Ben, le coupable idéal dans un premier temps. Avant qu’elle ne s’aperçoive que, tout comme elle, il est rongé par la culpabilité et qu’il lui devienne de plus en plus difficile de le détester et de lui en vouloir.

Mais les choses vont surtout changer quand elle découvre l’existence de Solution finale et qu’elle part à la recherche d’un de ses membres. Le parfait coupable. Mais attention, en infiltrant ce site, il ne faudrait pas qu’elle tombe à son tour. Heureusement pour elle, quoi qu’elle en pense, elle est bien entourée, que ce soit par sa mère mais surtout les anciens amis de Meg et Ben. Ben qui va devenir bien plus que ce qu’elle voudrait. Il va être le rocher auquel se raccrocher quand elle en aura le plus besoin, quand elle va comprendre que la seule véritable responsable est Meg. Que Ben n’est pas coupable, qu’elle n’est pas coupable et que tout ne peut pas être l’entière responsabilité de Solution finale. Que celle qui a vraiment fait le choix d’aller jusqu’au bout, c’est Meg. Pour avancer, il faut d’abord qu’elle l’accepte et ensuite elle pourra faire, en étant aidée, en sorte que chacun soit mis face à ses responsabilités. J’ai beaucoup aimé cette évolution de Cody, sa réflexion très certainement propre à un grand nombre de proches de personnes qui se sont suicidées. Gayle Forman traite le sujet ici de manière très habile, sensible et avec beaucoup de pudeur.

Ce coup-ci, je ne me suis pas ennuyée, je n’ai pas trouvé de temps mort et j’ai vraiment été happée par l’enquête de Cody, par l’effroyable (je ne vois pas d’autres mots) de ce qu’elle découvre et mais aussi par ce qu’elle réalise sur elle-même et sur la vie en général. J’ai aimé la manière dont le sujet est (très bien) traité (ainsi que le sujet de la dépression qui est bien une maladie) et comme je le disais dans ma chronique de Blacklistée, je trouve vraiment fondamental que les auteurs usent de leur plume, de leur talent et de leur notoriété pour parler de tels sujets aux adolescents (mais aussi aux adultes). Si cela permet d’aider ne serait-ce qu’une seule personne, c’est déjà ça de gagner car qui sait si cette personne n’en aidera pas une autre et ainsi de suite.

Mon seul bémol revient à Ben que j’ai eu beaucoup de mal à cerner. Finalement adorable, presque parfait, touchant, tendre si j’avais pu faire abstraction de mon premier ressenti. Malheureusement, j’ai trouvé son histoire avec Cody traitée de manière trop rapide, je ne les ai pas vus vraiment apprendre à se connaître comme Finn et Bonny de L’infini + un par exemple. Ici c’est trop soudain à mon goût pour qu’il y ait papillons et couinements. J’y crois difficilement. Vraiment dommage parce qu’à côté de ça, les personnages secondaires sont attachants et eux aussi ont leur importance.

Une lecture qui est donc intéressante et qui me réconcilie avec Gayle Forman même si la relation entre nos deux héros n’avait pas la saveur que j’en attendais.

Réconciliation’ment Vôtre,
Melwasul

Lecture académy

 

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P.S : Si jamais vous êtes tombés sur cette page un peu par hasard, parce que vous sentez que vous perdez pieds, n’hésitez pas à en parler. Il y aura toujours quelqu’un autour de vous pour vous aider : des parents, des grands-parents, un frère, une sœur, un(e) cousin(e), un oncle, une tante, un(e) ami(e), un(e) collègue, un professeur, un médecin ou si vous n’osez pas en parler à quelqu’un de votre entourage, il existe de nombreuses associations que vous pouvez contacter et notamment Suicide écoute au 01 45 39 40 00 (7j/7 24h/24 au prix d’un appel local) ou encore par internet: SOS-Amitié. Peu importe à qui, le principal étant d’en parler à quelqu’un qui saura vous aider.

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5 réflexions au sujet de « J’étais là de Gayle Forman »

  1. Cammy

    Vu ta chronique, je pense que je vais plutôt lire Blacklistée et Le vide de nos coeur…
    Le seul roman de Gayle Forman que j’ai lu c’est Les coeurs fêlés , sur les camps de redressements pour adolescents, que j’ai lu cet été. J’étais sceptique et le roman a quelques défauts mais j’ai complètement été happée par l’histoire.

    Répondre
    1. Melwasul Auteur de l’article

      En effet, j’ai préféré ces deux-là, il y a vraiment quelque chose chez Ben qui m’a dérangée alors que par d’autres moments il est parfait.

      Je ne connaissais pas Les coeurs fêlés, le sujet m’a l’air prometteur.

      Répondre
  2. pureplaisirdelire

    Bonjour,
    J’ai vraiment l’impression que c’est une lecture qui prend aux tripes. Je ne connais pas l’auteur, donc il va falloir que je me penche sur l’un de ses livres.
    Merci en tout cas pour ta chronique !
    A bientôt

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