Du fond de mon coeur, lettres à ses nièces de Jane Austen

Du fond de mon coeur, lettres à ses nièces

Titre : Du fond de mon coeur, lettres à ses nièces
Auteur : Jane Austen
Éditeur : Éditions Finitude
Date de parution : mai 2015

Résumé

Inédites et passionnantes, les lettres de Jane Austen à ses trois nièces préférées dressent un portrait émouvant de l’auteur d’Orgueil et Préjugés.
En tante attentionnée, elle se montre toujours prête à guider ses jeunes nièces, à les conseiller. Elle leur parle d’écriture, de stratégie amoureuse, de sa vie à la campagne, avec l’humour et l’élégance qui font le sel de ses romans. Ces lettres révèlent une touchante intimité et on acquiert bien vite la conviction que Jane Austen n’avait rien à envier à ses attachantes héroïnes.

Avis de Melwasul

note 5

Ce livre est un ouvrage à avoir pour toutes les Janeites. D’abord pour la qualité du livre-objet qui est vraiment magnifique. Un petit format qui se glisse partout que ce soit dans le sac à main ou pour décorer une bibliothèque. Une couverture rose/parme pastel épaisse (je dirais presque cartonnée mais c’est plus beau encore) et une calligraphie noire sont du plus bel effet. Le papier à l’intérieur est également épais, on sent le grain quand on tourne les pages et c’est vraiment agréable. Un ouvrage qui respire la qualité et qui a été confectionné avec le plus grand soin justifiant le prix de vente qui peut paraître élevé.

Mais ce qui importe surtout, c’est le contenu. Toutes les Janeites le savent, Jane Austen était une grande correspondante avec sa famille et plus particulièrement sa sœur Cassandra et ses nièces. Malheureusement, une grande partie de ces échanges épistolaires ont disparu après la mort de Jane Austen, détruite par sa sœur Cassandra. Quelques lettres ont heureusement réussi à passer entre les mailles du filet et si nous en connaissant certaines (ou plutôt des extraits) c’est la première fois que celles-ci sont traduites en français et pour cela, nous devons dire un immense merci aux éditions Finitude qui ont en plus fourni un travail d’une grande qualité !

Ce livre, je l’ai dégusté. Lettre par lettre, j’ai fait durer le plaisir pendant trois mois car je ne voulais quitter Jane. J’étais intriguée de voir s’il y avait un peu d’elle dans ses héroïnes et je peux vous assurer que Jane Austen n’avait rien à leur envier. J’ai retrouvé avec grand plaisir cet humour teinté d’ironie qui la caractérise et qu’elle maîtrise si bien. Quand elle parle de certains voisins, de certaines personnes de son entourage ou d’auteurs dont elle ne pense pas le plus grand bien, on se rend vraiment compte que ses livres sont un reflet de ce qu’elle est, de ce qu’elle pense.

Mais on découvre une autre face de l’auteure. Celle de la tante douce et aimante, conseillère pleine d’esprit et d’espièglerie en qui j’ai aussi vu une sorte de maman de substitution à certains moments. Et comment ne pas sourire devant les conseils avisés qu’elle livre à ses nièces, auteurs en herbe et qui ne manquent pas de lui demander un avis honnête.

Il y a aussi cette lettre inattendue écrite à sa nièce de 9 ans qui m’aurait fait glousser. Je crois que j’ai buggué 2-3 minutes avant de comprendre. Une autre facette encore de Jane Austen mais qui colle parfaitement à ce que l’on sait d’elle et à l’image que j’en ai.

Je savais que ces lettres dataient des trois dernières années de la vie de Jane Austen, je me doutais donc qu’irrémédiablement sa mort serait abordée mais je n’ai pu m’empêcher d’être choquée et terriblement triste en lisant cet extrait de journal qui m’a pris par surprise, quand je ne m’y attendais plus. S’en suivent deux lettres de la sœur de Jane, Cassandra, à Fanny, l’une de ses nièces dont un extrait m’a mis les larmes aux yeux (et je ne vous parle même pas de la suite de la lettre qui raconte ses derniers instants et qui est dévastatrice) et montre bien ce que représentait Jane pour les siens.

« J’ai perdu un trésor, une soeur et une telle amie que jamais rien ne pourra la surpasser. Elle était le soleil de ma vie, l’étincelle de tous les plaisirs, le réconfort de toutes les peines, je ne lui cachais rien, c’est comme si j’avais perdu une partie de mon être. Je l’aimais seulement trop bien.»

Ces deux lettres sont suivies de trois textes écrites par les nièces de Jane à la demande de son neveu Edward quand celui-ci se lança dans l’écriture de la biographie de sa tante (A Memoir of Jane Austen, Souvenirs sur Jane Austen à paraître en octobre pour la première fois en France). Des portraits de nièces aimantes et qui partagent avec nous de tendres souvenirs. Mais comment ne pas parler de la surprise Fanny. Celle que je croyais être la nièce favorite de Jane (celle qui conservait les lettres et textes de sa tante) et qui se montre vraiment critique envers elle et semble lui tenir rancune. Une surprise mais qui rend aussi Jane Austen et sa famille plus humaine, plus réelle.

Je sors donc de cette lecture vraiment enchantée et je n’ai qu’un seul regret et un espoir. Le regret de ne pas avoir eu sous les yeux certaines lettres des nièces de Jane Austen et l’espoir qu’un jour, de nouvelles lettres soient découvertes dans quelques endroits encore cachés.

Janeitement Vôtre,
Melwasul

coup de coeur

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4 réflexions au sujet de « Du fond de mon coeur, lettres à ses nièces de Jane Austen »

  1. Alice

    Je suis ravie que tu aies autant apprécié cette lecture et je vois que tu es passée par les mêmes émotions que moi. Un livre vraiment indispensable pour toute Janéite.

    Répondre
    1. Melwasul Auteur de l’article

      je me suis vraiment régalée de découvrir Jane Austen sous un autre jour, j’aurais aimé en avoir plus à me mettre sous la dent ^^

      Répondre

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