Dans la forêt de Jean Hegland

dans la foret
Titre : Dans la forêt
Auteur : Jean Hegland
Éditeur : Editions Gallmeister
Date de parution : 07 juin 2018

Résumé

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Considéré comme un véritable choc littéraire aux États-Unis, ce roman sensuel et puissant met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle.

Avis de Stéphanie

note 5

Nell, Eva et leurs parents vivent dans une maison au cœur de la forêt, à plus de 50km de la ville de Redwood. Loin de tout et de tous, les jeunes filles ont grandi dans un milieu privilégié et ont reçu tout l’amour que des parents peuvent donner. Nell se passionne pour la lecture tandis que Eva s’adonne à la danse classique. Les deux sœurs vont perdre leur mère puis leur père et vont devoir survivre dans un monde qui se voit privé d’électricité, d’essence, de provisions et de protection. Ce roman survivaliste est intéressant même si l’action n’y est pas prédominante.

J’ai trouvé une certaine forme de redondance notamment dans les actions des personnages et la description de leurs journées, mais cet effet de répétition est cohérent et porteur de sens. À l’instar des saisons qui se succèdent et se répètent invariablement, le temps s’écoule et le soleil chasse la lune qui chasse le soleil qui chasse la lune, inexorablement, obéissant aux cycles de la nature. Les jeunes filles finissent par perdre la notion du temps et la trouver insignifiante.

J’ai beaucoup apprécié la manière dont les deux sœurs s’approprient le matériel de la maison afin de parvenir à survivre. Elles font également appel aux connaissances et savoir-faire transmis par leurs parents et parfois à leur instinct de survie. Nell, la narratrice, puise également dans ses livres et notamment dans l’encyclopédie un certain nombre de savoirs lui permettant de semer, cultiver, récolter, conserver et consommer les aliments. Les livres deviennent alors un outil de survie.

J’ai aimé la manière dont sont exprimés les sentiments liés à la perte, au deuil, à la séparation. Quelle justesse dans la colère, le déni et l’entaille profonde que nous laisse l’absence d’un être cher. Je ne résiste pas à la tentation de vous donner, ici, deux citations :
« Même se disputer est un luxe qu’on ne peut pas se permettre quand sa vie entière a été réduite à une seule personne. »

« Nous nous sommes étreintes pendant une longue seconde puis nous avons bondi toutes les deux en arrière. Ces jours-ci, nos corps portent nos chagrins comme s’ils étaient des bols remplis d’eau à ras bord. Nous devons être vigilantes tout le temps ; au moindre sursaut ou mouvement inattendu, l’eau se renverse et se renverse et se renverse. »
Le roman est empreint de réalisme dans sa structure générale et, je l’admets, est très bien écrit.

Et pourtant… Même si j’ai apprécié la lecture de ce roman, je suis profondément gênée par la perte de repère des personnages et la transgression des règles fondamentales qu’elle engendre tel que l’inceste. Une des scènes est à peine supportable à lire (de mon point de vue, j’entends) et dépasse l’entendement (le mien, tout du moins).

Au risque de paraître ridicule, j’admets avoir eu l’impression que je ne pourrai pas surmonter cet écœurement et poursuivre ma lecture. Alors que la première partie du roman nécessitait une lecture lente pour se délecter des mots et des pensées, j’ai terminé la deuxième aussi vite que je courrais si on lâchait une bonne douzaine de chiens affamés à mes trousses.

Stéphanie

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