Dans la chaleur de l’été de Vanessa Lafaye

Dans la chaleur de l'été

Titre : Dans la chaleur de l’été
Auteur : Vanessa Lafaye
Éditeur : Belfond
Date de parution : 19 mai 2016

Résumé

Inspiré de faits réels, et notamment de l’histoire de l’ouragan le plus puissant jamais recensé en Floride, un premier roman impressionnant. Portée par une tension permanente, une histoire de passion et de survie, dans un Sud rongé par le racisme.
Depuis le départ de Henry en 1917 pour les tranchées françaises, Missy Douglas n’a jamais cessé de penser à lui. Dix-huit ans plus tard, après avoir survécu à l’enfer et erré en Europe, Henry est de retour à Heron Key. Mais si l’homme n’a plus rien du garçon désinvolte de l’époque, la ville, elle, n’a pas changé : les Noirs subissent une ségrégation d’une violence inouïe. Parqués dans un camp insalubre, Henry et ses camarades vétérans cristallisent les plus grandes craintes et les plus folles rumeurs.
La tension monte encore d’un cran lors des célébrations du 4 Juillet. Là, sur une plage scindée où Noirs et Blancs sont dûment séparés, les festivités vont bientôt prendre une tournure tragique : la femme d’un notable blanc vient d’être victime d’une attaque sauvage. Un nom est sur toutes les lèvres : Henry.
C’est alors qu’éclate le plus terrible des ouragans. Dans une ville en plein chaos, Missy va tout tenter pour retrouver l’homme qu’elle aime.

Avis de Melwasul

note 3

Voilà un livre qui me laisse sur ma faim. Si j’ai trouvé le thème qui y est abordé vraiment très intéressant, je n’ai pas complètement accroché et cela pour plusieurs raisons.

L’histoire prend place aux États-Unis, dans les Keys, archipel situé au sud de la Floride, durant l’été 1935. Au sortir de la Première Guerre Mondiale, en pleine période de la Grande Dépression. Période durant laquelle la ségrégation raciale est son apogée et particulièrement violente dans le Sud. C’est d’ailleurs en Floride qu’il y eu le plus de lynchage cette année-là. Alors que bon nombre de Noirs avaient combattu au côté de soldats français, alors qu’ils avaient les mêmes droits que les Blancs en France, les lois Jim Crow instaurent aux États-Unis une ségrégation dans tous les lieux publics. Dans le même temps, les vétérans de la Première Guerre Mondiale, de retour au pays, parfois des années plus tard, sans emplois, sans logement, abandonnés par le gouvernent, sont considérés comme des hommes violents, dangereux, mais fournissent une main d’œuvre peu coûteuse.

C’est dans ce contexte tendu et passionnant que prend place notre histoire dans la petite communauté de Heron Key qui va voir bien des malheurs mais aussi finalement, une lueur d’espoir. Après le 4 juillet, fête nationale, une femme Blanche est violemment agressée et le premier suspect est Henry, Noir de retour dans sa petite bourgade avec le groupe de vétérans 17 ans après être parti à la guerre en France. Henry dont la petite (devenue grande) Missy est folle amoureuse depuis toujours. Des soupçons qui ne vont que raviver les tensions déjà grandes entre Noirs et Blancs mais aussi entre vétérans et habitants de Heron Key. Une grande partie des habitants va chercher à savoir ce qu’il en est vraiment, qui est le coupable mais en faisant le plus souvent passer son intérêt personnel d’abord. De quoi en faire oublier que c’est la saison des ouragans et que le pire est très certainement à venir …

Vanessa Lafaye a tissé dans son roman plusieurs éléments comme la colère et les frustration des vétérans abandonnés par leur gouvernement, la ségrégation raciale qui a entraînée des décisions inhumaines et incompréhensibles mais aussi les dangers des ouragans quand il existait à l’époque bien peu de moyen d’informations, de préventions, de protections, que les bâtiments n’étaient pas ce qu’ils étaient aujourd’hui. Des éléments qui s’entrelacent de manière fort astucieuse, très intelligente et qui nous permet d’en apprendre plus sur des thèmes peu abordés (je pense surtout aux vétérans et aux ouragans) sans pour autant nous abrutir d’information. La ségrégation raciale et toutes ses horreurs et ses absurdités y sont tout aussi bien traitées, sans tomber dans le mélo, nous rappelant juste des faits, des actes et nous laissant seuls juges. C’est la partie de l’histoire qui m’a vraiment intéressée, ce mélange de faits qui font l’histoire des États-Unis.

Mais à côté de ça, les cent premières pages sont vraiment très longues à lire. La mise en place avec ces (trop) nombreux personnages est plutôt fastidieuse à mon goût. J’attendais avec impatience que l’on rentre dans le vif du sujet. Que l’enquête policière soit lancée, que l’ouragan (dont le chaos, l’horreur, la puissance sont magnifiquement décrits pas les divers personnages, nous faisant bien ressentir leur impuissance face aux déchaînements des éléments) intervienne et que Missy et Henry avancent enfin. J’ai trouvé certaines descriptions, surtout au début, un peu trop longues, j’avais trop d’informations mais surtout il y avait beaucoup, beaucoup trop de personnages. Tellement que notre couple de personnages principaux passait souvent au second plan et que je les perdais de vue. J’aime quand il y a une multitude de personnages, tous intéressants, mais là, honnêtement, il y avait des passages où c’était trop, beaucoup trop pour moi et où j’avais l’impression que ça enlevait quelque chose à l’histoire. Je m’y suis noyée.

Ce qui est vraiment dommage car l’histoire en elle-même est passionnante, surtout quand on sait qu’elle est inspirée de faits réels pour ce qui est des trois thèmes principaux. L’écriture est vraiment agréable, certaines scènes sont absolument époustouflantes et transcendent nos émotions. C’est un bel hommage rendu par l’auteur aux victimes de la ségrégation, à ses anciens soldats trahis par ceux qui les ont envoyés au combat et aux victimes de l’ouragan le plus puissant jamais recensé en Floride.

Historiquement Vôtre,
Melwasul

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